Mardi 3 août 2010 : plage de Tofo, près d’Inhambane.
Il y a un fait remarquable au Mozambique, c’est qu’à la fois les expatriés vivant ici et les locaux disent que c’est un bon pays. Ce n’est pas rien ; je crois que je n’ai jamais entendu ça auparavant.
Autre fait notoire : j’ai vu des hommes porter des bébés sur le dos comme le font habituellement les femmes africaines.

Mercredi 4 août : à Tofo
Aujourd’hui, mercredi, Thomas et la clique sont repartis (ami d’ami qui m’a gentillement hébergé à Maputo une semaine). Moi, je reste dans le sable, poussant lentement mon vélo vers mon destin. Un concert de Lynyrd Skynyrd sur DVD me fait passer un agréable moment dans un premier bar devant un café au lait. Le vieux proprio barbu, un Blanc né au Mozambique, est fan du groupe de Rock ‘n’ Roll à 4 guitares. Je pousse une nouvelle fois mon vélo, doucement dans les ruelles ensablées, jusqu’à la « Casa de comer » de Christophe, l’ami de Thomas. Assis sur un petit tabouret en bois devant une table du même matériau tout aussi petite, j’attends mon destin. Tout en sirotant une bière locale cette fois. Il n’est peut-être pas loin de midi. A 6 heures ce matin, les baleines à l’horizon m’ont fait un signe de la queue.

Jeudi 5 août : à Tofo
J’ai décidé de ne plus aller en vacances, parce que je déteste l’idée de devoir rentrer quand je fais quelque chose qui me plait. Alors je vis en vacances.
Et si je dois travailler, ce sera dans cet esprit là. Le Mozambique offre un cadre idéal. Après 65 pays et à un pays de Madagascar, si une opportunité se présente, je pourrais bien poser mes valises pour un temps. Nous voila avertis.

Vendredi 9 juillet : Scottburgh, Océan indien.
J’ai atteint à Port Shepstone (100 km sud Durban) le point le plus austral de mon périple africain. Après avoir mis le cap au sud pendant 2 ans, je refais route vers le nord.

Mais je voulais surtout parler de l’hospitalité que j’ai rencontrée dans ce pays que j’ai failli éviter. En quelques semaines, j’ai dormi dans une maison grande comme un château, dans une autre beaucoup plus modeste, préfabriquée et bien abimée mais toute aussi chaleureuse, dans le dortoir d’une école réputée de Johannesburg, dans une ferme ou l’on m’a gavé de biltong maison (viande séchée) préparée à partir de gibier local. On m’a aussi laissé les clefs d’un appartement dans la petite ville balnéaire de Scottburgh, on m’a logé gratuitement et pour aussi longtemps que je le voulais dans un superbe Bed and Breakfast au bord de l’Océan indien et j’ai quitté ce matin une jolie maison vieille d’un siècle et classée monument national (avec poignées de chasse d’eau dorées SVP).
En plus de tous les bons repas et des litres de bière qui ont coulé devant les matchs de la Coupe du Monde (ou pas !), on m’a fait visiter Durban, son aquarium et son stade géants, s’est occupé de faire réparer, ressouder et consolider mon vieux vélo fatigué, on a réglé mon visa pour le Mozambique en deux temps trois mouvements, m’a enseigné l’histoire et la politique de cette nation arc-en-ciel et m’a fait me sentir à chaque fois comme un membre de la famille.
Je fais désormais route vers le Swaziland, rechargé et impressionné par le côté positif et décontracté de tous ces gens. Ils m’ont inspiré. Parmi eux, un groupe part à la fin du mois faire du vélo à Madagascar, et Ryan me rejoint à Maputo pour pédaler à travers le Mozambique. Il n’y a pas de hasard…

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