Enlevons les plantations de palmiers à huile qui ont dévoré une grande partie de la jungle, les plateformes petrolières qui parsèment l’horizon et les centres urbains à caractère chinois, si je puis m’exprimer ainsi – c’est à dire à l’opposé du charme et de l’esthétique de la calligaphie de l’Empire du Milieu. Que nous reste-t-il des états de Sarawak et de Sabah qui constituent la Malaisie orientale, d’autant que l’on peut encore en retirer la double enclave de l’ennuyeux sultanat de Brunei? Quelques parcs nationaux terrestres et marins, à caractère, eux, outrageusement lucratif pour le coup, confettis disséminés sur la 3ème plus grande ile du monde, et les yeux pour pleurer la perte des ces précieux et fragiles écosystemes, qui regorgent pourtant de vie.
Utilisons-les toutefois (nos yeux) pour admirer encore un peu ces merveilles de la nature avant qu’elles ne disparaissent complètement.

L'emblematique Orang-outan

L’emblématique orang-outan

Femelle et petit

Femelle avec petit

Bearded Pig (sanglier barbu?) L'elegance meme...

Bearded Pig (sanglier barbu?) L’élégance même…

Pit Viper (m'embetez pas, j'suis pas prof de francais moi...)

Pit Viper (m’embêtez pas, j’suis pas prof de francais moi…)

Scarabee rhinoceros

Scarabée rhinocéros sur Havaianas

Jolie clairiere dans la jungle

Jolie clairière dans la jungle

Lezard harlequin?

Lézard harlequin?

Calao

Calao

Fleurs de frangipanier

Fleurs de frangipanier

Elephant pygmee

Elephant pygmée

Deux-mille-pattes...

Deux-mille-pattes…

Entree grotte geante dans le parc de Niah

Entrée de la grotte géante dans le parc de Niah

Le superbe nasique, tous appendices dehors...

Le superbe nasique, tous appendices dehors…

Et la femelle, peu-etre seduite..

Et la femelle. Séduite ?

Autre type de calao

Autre type de calao

Seance papouilles chez les macaques

Séance papouilles chez les macaques

Bravo le mimetisme!

Bravo le mimétisme!

A, alors la elle est contente la Nanou!

Ah, alors là, elle est contente la Nanou!

Poissons perroquet a bosse dans un metre d'eau: c'est Sipadan!

Poissons perroquets à bosse dans un mètre d’eau: c’est Sipadan!

Eh ouais!

Eh ouais!

Monsieur pointe blanche a la sieste

Monsieur pointe blanche à la sieste

Petites filles Bajau Laut sur l'ile de Mabul

Petites filles Bajau Laut sur l’ile de Mabul

Bon, vous voulez vraiment voir les villes?

Beau contraste, non?

Ca fait mal !

Le sud-Vietnam est passé comme un flash après notre mois et demi au Cambodge. Mais je suis bien content quand même d’y avoir fait un saut car je m’étais promis de revenir dans ce pays après mon premier passage dans le nord il y a 10 ans. (cf archives juillet 2006)
Quatre ponts interminables nous ont ainsi permis de franchir les principaux bras du grand fleuve asiatique. Nous avons aussi longé une multitude de canaux dont le réseau à mailles serrées permet de transporter des biens de toutes sortes, allant de la balle de foin au cochon en passant par tout ce qu’on peut trouver au marché, ainsi que des personnes évidemment. Le tout au milieu d’une débauche de chlorophylle qui contrastait fort avec les terres arides et rasées du centre du Cambodge.
Le delta du Mekong est le grenier à riz du pays mais aussi son potager géant. Nous avons donc circulé au milieu des immenses tapis verts des rizières et trouvé au bord des routes des pyramides de fruits colorés : pitayas (fruit d’un cactus, je l’ai découvert, un peu comme la figue de Barbarie), pommes cannelle (une anone), mangoustans (on en a déjà parlé…), ramboutans (sorte de litchi à poils courts), et les plus classiques papayes, ananas, goyaves, jaques, mangues (dont certaines peuvent peser près d’un kilo !). Ah, et j’allais oublier le super durian, celui qui s’annonce à distance par son odeur fétide. Nous l’avons essayé, oui, parce que certain disent de lui qu’il a l’odeur de l’enfer mais le gout du paradis ; et bien nous ne recommencerons plus. Et bonjour l’haleine des anges là-haut s’ils s’amusent à en bouffer!
Bon, le tout à grand renfort d’engrais et de pesticides, évidemment. Mais cela vaut sans doute mieux que les défoliants et autre agent orange utilisés par nos amis GIs (je dis amis car ils nous ont soutenus quand nous, Français, foutions la pagaille là-bas avant qu’ils ne prennent le relais…) il y a quelques décennies à peine. Tonnes d’herbicides déversées alors sur le pays pour griller la végétation qui camouflait trop bien le petit Vietcong qui défendait son territoire. Et tiens, devinez en passant qui se trouvait déjà là, à l’époque, pour fournir l’armée américaine en produits magiques ? Monseigneur Monsanto Tout Puissant !
Bref, aujourd’hui les fruits de la région sont donc beaux et parfaitement calibrés, lisses ou ronds comme il se doit, mais les gens sont déglingués, cabossés et déformés. Car la dioxine contenue dans les agents continue à opérer, ses effets insidieusement transmis dans les gènes…
Mais il y a aussi la vie de Wee, rencontré un soir et le matin suivant à sa gargotte. En 79 et à l’age de 14 ans il fuit le communisme qui affame son pays – C’est la suite de l’histoire terrible du Vietnam, une fois Saïgon tombée et les Ricains rentrés chez eux-. Avec ses deux frères ils font partie de ces millions de boat people qui cherchent à atteindre la Thaïlande, la Malaisie ou un autre pays ou ne règne pas la terreur. Un voyage de fortune à 76 sur un bateau de 12 mètres, qui doit durer deux à trois jours seulement. Malheureusement le moteur flanche au bout du deuxième. Commence alors une dérive de 17 jours ou il faut chaque matin pousser par dessus bord les cadavres des plus faibles morts dans la nuit, de faim ou intoxiqués pour avoir mangé des méduses venimeuses. Puis l’embarcation finit par chavirer, de nuit. Wee s’accroche deux jours encore au bidon de 5 litres qui lui a servi à récupérer l’eau de pluie, avant qu’un bateau de pêcheurs thaïlandais ne le récupère par le plus grand des hasards, plus mort que vif.
De ce voyage là, ils seront 3 survivants.
Suivent 20 ans d’exil aux États-Unis avant de pouvoir rentrer au pays qui s’ouvre enfin (aux traitres à la nation!) en 2000. La mère de Wee est morte depuis longtemps, rendue malade d’avoir perdu 2 des 3 fils qu’elle a poussés à s’embarquer. Ces chiffres reflètent pourtant parfaitement cette tragédie : sur 7 millions de boat people, seuls 2 millions seraient arrivés à bon port…
De quoi remettre en tout cas en perspective nos exploits et nos galères, et nous rappeler notre bonheur et notre chance (de vivre par exemple dans des pays ou les dirigeants sont sans doute plus cupides que méchants).
D’ailleurs, nous (Wee, pardonne mon humour noir!), en approchant de la grande Ho Chi Minh, ce n’est qu’au milieu d’une marée de mobylettes que nous nous retrouvons noyés. Et elles vont gentiment nous accompagner sur plusieurs dizaines de kilomètres jusqu’à notre arrivée dans l’ex Saïgon…

Sur le pont...

Sur le pont…

en route pour l'abattoir?

en route pour l’abattoir?

mini marché flottant

mini marché flottant

Dans les rizières

Dans les rizières

Parmi les vergers

Parmi les vergers

Pitayas (en rose) et clique

Pitayas (en rose) et clique

L'éternelle Vache Qui Rit...

L’éternelle Vache Qui Rit…

... et celle qui se fend la gueule!

… et celle qui se fend la gueule!

Vous reprendrez bien un morceau de Rottweiler?

Vous reprendrez bien un morceau de mon Rottweiler?

Oies oies!

Oies oies!

Sinon il y a les mollusques-zèbres

Sinon il y a les mollusques-zèbres

La vague

La vague

Le communisme définitivement tourné vers l'avenir... y a qu'a en voir leurs affiches!

Le communisme résolument tourné vers l’avenir… y a qu’à voir leurs affiches!

sans rancune à Ho Chi Minh...

sans rancune à Ho Chi Minh…

Et j’ai comme l’impression qu’on ne va plus faire beaucoup de kilomètres à vélo dans ce voyage, ma sirène de copine ayant retrouvé son élément naturel. La voici qui ne cause plus que de plages, de mer et d’îles. Alors on a commencé par Koh Ta Kiev, en face de Sianoukville, dans le sud du Cambodge. On y a posé notre tente sous un abri en palmes à deux pas du petit resto familial de Nack et, ma foi, on en avait 10 à faire (de pas) au réveil pour se baigner dans la baie. Après ça, eh bien longues heures de lecture à l’ombre des filaos, balades à pied sur les plages ou à travers la jungle – surtout pour rejoindre les autres petits bar-resto-bungalows, histoire de voir le soleil se coucher sous un autre angle -, soirées guitare avec les gars de passage ou ceux qui sont restés bloqués sur ce bout de terre inhabitée, bref, dix jours de réel farniente.
Mais n’allez surtout pas croire que tout ça est facile hein. Parce que quand on est sur la route depuis longtemps, qu’on est un peu ours, doublé d’une influence astrale de gémeaux, c’est pas toujours facile à gérer tout ça. Je vous laisse découvrir quelques extraits de mes notes…

Vendredi 25 mars. Otres Beach
La brise marine qui rend la peau collante, poisseuse, le sable qui se glisse partout, brule les pieds quand il est trop chaud, brule les pieds quand il frotte dans les sandales, les restaurateurs, hôteliers et chauffeurs de tuk-tuks qui prennent les gens pour des cons (ou des vaches à lait, c’est kif kif), la musique pourrie dans les bars sur la plage – dont il ne reste d’ailleurs rien tant les bungalows miteux construits sauvagement l’ont bouffée -, les tronches de cake des touristes qui ont traversé la planète en avion pour voir si un transat cambodgien est bien aussi inconfortable qu’un transat méditerranéen, les abords des plages dégueulasses, jonchés de détritus en tout genre, et l’absence de nature verte et de paix, voila ou nous en sommes. Si j’avais oublié quelques temps que la vie au milieu de mes congénères me révulsait et bien voilà, ça me revient de plein fouet dans la gueule.

Samedi 26 mars. Sur l’île de Koh Ta Kiev
La brise marine me rafraichit agréablement. Je suis assis à une table en bois face à la mer et à son doux ressac. Le soleil vient de se coucher. Nous avons trouvé une plage quasi déserte. Juste une petite paillote, idéale pour mettre notre tente à l’abri du soleil. Il y a du sable, un peu d’herbe et des arbres pour l’ombrage. Une autre paillote pour aller manger local, quelques poules et canards, des oies et des vaches qui se baladent sur cet espace. Une sorte de camping à la ferme en somme. La baie est abritée du vent et la mer sera sans doute d’huile demain pour ma baignade matinale. J’ouvre une bière Angkor, Nadhia se fait presser un jus de citron et je découpe un saucisson rapporté de Phnom Penh. Me voila réconcilié avec le monde.

Voilà, vous voyez par quoi on passe hein !
Bon maintenant, après un saut dans la rivière à Kampot la capitale du poivre, et un saut sur Rabbit Island en face de Kep, la capitale du crabe, nous venons de traverser la frontière avec le Vietnam, direction Ho Chi Minh Ville. 400 kilomètres dans le delta du Mekong avant de nous envoler pour une autre île, bien plus grande celle-ci : Bornéo, coté Malaisie et Brunei. Nous finirons ce périple asiatique aux Philippines ou nous retrouverons des copains plongeurs de Nadhia.
Bref, encore du sable brulant, de l’air poisseux et de l’eau salée en perspective…

J'aime, on a de la place pour poser nos serviettes

J’aime, on a de la place pour poser nos serviettes

Sauves !

Sauvés !

Notre camp de base

Notre camp de base

Le repere de Nak

Le repère de Nak

Invitee surprise

Invitée surprise

Ursula sans dress (essayez toujours de zoomer les vicelards, j'ai compresse a mort, ah ah!)

Ursula sans dress (essayez toujours de zoomer les vicelards, j’ai compressé à mort, ah ah!)

La voila ma jolie...

La voilà ma jolie…

Ou encore la

Ou encore là

Le mangoustan (entre le Turkmenistan et le Boukistan)

Le mangoustan (entre le Turkmenistan et le Boukistan)

Qui saura la reconnaitre? (pas moi...)

Qui saura la reconnaitre? (pas moi…)

Nouveau copain

Un nouveau copain

Les photos artistiques sont toujours signees Nadhia...

Les photos artistiques sont toujours signées Nadhia…

Baignade en eau claire

Baignade en eau claire

Fais le malin...

Fais le malin…

Fais le malin... (bis)

Fais le malin… (bis)

Un petit air de Mada entre Kampot et Kep

Un petit air de Mada entre Kampot et Kep

Elle a bien merité son globe!

Elle a bien mérité son globe!

Kep

Kep

Salines vers la frontiere avec le Vietnam

Salines vers la frontière avec le Vietnam

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