Arnaud a pris la direction de la France fin juillet depuis Diego à l’extrémité nord de l’île et moi, j’ai continué ma route, repartant vers le sud, sur la côte est cette fois.
A Antalaha, cependant, la route s’arrête. On m’avait dit que j’y trouverais facilement un bateau pour me descendre vers l’île Sainte Marie ou même Tamatave. Mais voilà, comme à Dar es Salaam il y a presque un an, ceux-ci étaient plus qu’aléatoires. Les avions: le prochain dans 4 jours et il est de toute façon déjà complet. Alors? Il reste la forêt; 120 km de piste pour traverser ainsi la presqu’île de Masoala. Quand j’ai trouvé une petite carte montrant qu’il existait bien un sentier qui relait Antalaha à Maroantsetra, je n’ai plus hésité une seconde. C’est après une trentaine de km que les choses se sont corsées, quand la piste devient effectivement sentier, utilisé uniquement par quelques villageois et absolument inadapté à la pratique du vélo. La boue, les cours d’eau, le dénivelé, la distance! Un gars m’a aidé à porter mes bagages pendant deux jours alors que je poussais, soulevais, portais mon vélo et ma tente. Mais j’ai finalement retrouvé le bord de mer, et quelle récompense: de Maroantsetra à Mananara, sans doute les 100 km de plage les plus beaux et les plus sauvages que j’ai vus jusqu’aujourd’hui.
Aujourd’hui où je me repose un peu sur l’île Sainte Marie après avoir sauté dans un bateau de marchandise à la minute où j’arrivais hier dans le village qui fait face à la petite île sur la grande terre. La traversée a tenu ses promesses: les baleines étaient au rendez-vous !