Ca y est, je suis lancé sur la Stuart Highway, 3100 km jusqu’à Adélaïde, 3800 si je pousse jusqu’à Melbourne, avec au milieu ce que vous savez : rien, ou pas grand chose en tout cas pour le confort d’un cycliste. Il ne m’a fallu que quelques heures à Darwin, étonnement petite, pour réunir tout ce dont j’avais besoin pour cette grande traversée : un pneu de secours et des rustines, une nouvelle pompe, un nouveau réchaud + casserole + paquets de nouilles instantanées -eh oui, finis les bouis-bouis tous les 50 mètres !- une bonne carte et un guide sur l’Australie, et la confirmation aussi que l’aventure était jouable. J’étais prêt dans ma tête, le rêvant depuis des semaines, des mois, des années peut-être. Alors à 14h je m’élançais, quittant très vite les faubourgs de Darwin pour les immensités australes. Deux jours et demi plus tard, j’ai déjà vu mes premiers kangourous (et pas seulement les dizaines plus ou moins bien repassés sur le bord de la route), un beau serpent vivant aussi et un gros lézard à collerette très bien repassée, elle, et des tas d’oiseaux superbes, dont 2 variétés de perroquets. J’ai aussi reçu ma première invitation pour une bière au beau milieu du bush, d’où je suis reparti en pilotage automatique. Je me suis également fait dépassé de nombreuses fois par les énormes road trains lancés à 100 a l’heure. L’avantage de ces monstres de la route, c’est que quand ils me dépassent je n’ai plus besoin de pédaler pendant au moins 10 secondes… Déjà les distances tiennent leurs promesses, avec aujourd’hui 90 km entre deux ravitos (stations services ou villages), et déjà j’étais bien juste avec mes 4 petits litres d’eau. Ouf, Katherine était là, et c’est là que je reste ce soir, à 300 km au sud de Darwin.
Le Temps du Rêve a commencé, l’Unité est presque retrouvée.

PS: Sorry pour les photos, internet dans l’Outback ça coûte trop cher !!!