Après 60 000 km de vie commune et d’intimité partagée, nous allons nous séparer. Son cuir craquelé et déchiré n’aurait pas supporté une traversée de l’Afrique de plus. Car nous avons tout vécu ensemble, depuis le début.
J’ai appris à ne pas m’attacher au matériel mais celle-ci, je vais quand même la conserver. Fixée au dessus de ma mappemonde, elle pourra la contempler à loisir, fendue de son sourire serein, celui du travail accompli.
Le changement d’un accessoire aussi important dans le quotidien d’un cyclo-vagabond est stratégique et pourrait même paraître angoissant. Pourtant, c’est avec impatience et curiosité que j’attends ce moment. Et avec la quasi certitude aussi que cela va formidablement bien se passer. Car chaque changement apporte une couleur différente au voyage, et je veux vivre un arc-en-ciel. Le voyage apprend aussi à se laver chaque jour des souvenirs du passé qui pourraient générer des comparaisons pénibles. Repartir sans cesse de zéro… C’est ce que je vais faire une fois de plus mercredi, en retournant à Ouagadougou pour y retrouver ma monture et poursuivre notre périple africain, direction Madagascar !

L'une fait peau neuve, l'autre a du vécu(l...)