Car entre la semi-obscurité et le jour complet, c’est une vie qui se joue. J’ai vu les potimarons, orange comme l’automne, tapis sous leurs feuilles humides de rosée, et les choux qui montaient vers le ciel. Le froid est mordant ce matin, on frôle la gelée ; 4 degrés m’annonce François à la boulangerie. Je me suis emmitouflé dans ma polaire toute douce -merci le triathlon de Gérardmer- et j’ai tiré ma capuche. Depuis mon abri douillet, je salue les vaches au pied de l’Allée des Cerisiers, ce chemin oublié qui grimpe à travers champs. Je les sens un peu inquiètes, mais les vaches le sont toujours. En haut, dans les jardins des maisons, ce sont deux chevreuils que je surpends en plein petit-déjeuner. Redescendu dans le village, j’ai vu le monde qui s’agitait et j’en étais heureux. La vie. Les gens qui travaillent. Le matin tout est frais, les humeurs, les joues, le pain, les nouvelles… enfin, n’exagérons rien, les nouvelles sont les mêmes, mais c’est peut-être parce qu’on ne sait pas toujours regarder avec des yeux tout neufs. Parce que chaque matin, si on a la chance (sic) de vivre le jour qui se lève, c’est une nouvelle vie qui commence.