Et bing, bang, boum, les mondes s’entrechoquent. De la brousse malienne à la beauté infernale je suis passé sans transition à la vie urbaine de Ouagadougou (cf « Puis je suis arrivé »). Une dizaine de jours chez des amis (car les amis de mes amis sont mes amis, évidemment), et saucisson, confiture et chocolat à gogo ; le choc pour l’estomac. Mais la chaleur était toujours là.
Puis, quelques heures d’une nuit blanche plus tard, consumée entre bars burkinabés et sommeil haché menu dans un avion, me voici marchant, un sac de voyage sur l’épaule, dans les rues familières de Rabat. Choc thermique, moins 20 degrés peut-être. J’en rêvais, je me demande déjà si je ne regretterai pas l’étuve.
Mais c’est dans la tête qu’il ne faut pas perdre pied : comment quelques heures d’avion peuvent-elles effacer six mois d’aventure, de découverte et d’efforts, une demi-année d’émerveillement au quotidien ? Retour à la case départ. Comme si le sud marocain et ce Sahara occidental n’avaient jamais existé ; comme si le désert mauritanien, la brousse sénégalaise, les oiseaux et les couleurs de l’Afrique, c’était du pipeau. Et ces moments d’éternité devant une case ou autour d’un plat de mil ou de riz sauce arachide, perdus ? Et mes chéries, au Sénégal ou en Guinée, un rêve évanoui à tout jamais ? Et ce n’est qu’une transition avant la France (15 juin), pour un été en famille, pour des vacances dans les montagnes et les forêts de mon pays frais. Alors « Rester groupiert! », c’est le mot d’ordre que je martèle à mon âme pour qu’elle ne parte pas en miettes aux quatre coins du globe. Rançon d’une vie multiple de vagabond. Ou sort du gémeau ? Peut-être les deux.

Enorme !
Merci aux amis, aux amis des amis, aux amis des amis des... Un avant goût, plutôt agréable, de Madagascar... Chellah ou Haut-Königsbourg ?