Quoi, marcher sur ce bitume et sous ce cagnard ? Sur ces lignes droites qui se perdent à l’horizon, au milieu de rien du tout en plus !? De la folie.
Alors, je cours.
Quand je cours, tout s’arrête. Mes pieds ne me font plus mal ; peut-être parce qu’a peine posés ils sont déjà de nouveau en l’air. Les bornes kilométriques défilent étonnamment vite, malgré mes pauvres 10km/h. Mais c’est le temps qui est suspendu. Car je n’y pense plus ; je suis bien, je flotte. Le soleil ne plombe plus car je glisse dans l’air. Même le bruit des camions qui passent me parvient de manière diffuse. Cela devient de plus en plus comme une seconde nature.

Et ce n’est pas un marathon qui va m’arrêter, fut-il disputé en montagne. Le jeudi, quand je découvre les affiches, les inscriptions sont clauses pour le samedi matin, évidemment. Mais les organisateurs sont sympas et arrangeants. Je dispose donc d’une journée pour récupérer de ma semaine. J’en profite d’ailleurs pour terminer le best-seller de Kerouac. La fête est grande, je vais faire une journée de 40 bornes, ce qui est devenu somme toute classique, mais sans sac sur le dos cette fois et, surtout, sans avoir avancé d’un centimètre le soir venu…
Le lendemain, délesté, je vole, m’éclate, et finis 7. Et comme dans l’équipe organisatrice (cf www.al-mudayna.com) on a autant le sens du sport que de la fête, on sait parfaitement mélanger le whisky et le coca. La fiesta se poursuit loin dans la nuit, jusqu’aux limites du corps cette fois. Dean Moriarty, je pense a toi…
Dimanche, je reprends la route, les muscles brulés autant par l’alcool que par l’effort. Pendant 3 jours je ne peux que marcher, sur le ruban d’asphalte se déroulant à l’infini. La mort je vous dis.

Back to the roots.

Toujours tout droit!

Arrivee marathon

¡Salud Pelota!

D'ici on se rend un peu mieux compte...

Oh le beau jaune!