Vous l’aurez deviné, j’ai parcouru la côte espagnole entre Barcelone et Valence, avec, d’un côté, une plage quasi ininterrompue et parfaitement ratissée chaque matin et bordée d’une promenade dallée ( ça finit par faire très mal aux pieds), et, de l’autre, des immeubles plus grands et plus moches les uns que les autres. Dans le peu d’espace restant, des grues parachèvent l’urbanisation à outrance et laissent présager un avenir super-béton. Pour le vagabond de mon espèce, il découle aussi de tout ceci un vrai casse tête quotidien pour espérer bivouaquer tranquillement le soir, les plages étant strictement interdites au squat nocturne. Mais ce n’est pas tout : je ne me suis jamais senti aussi seul dans mes voyages qu’au milieu de cette foule touristico-commercante, morose et vieillissante (les jeunes sont retournes au boulot…). Pas un regard donc, pas un bonjour ; j’étais trop différent, je faisais peur. Au point que j’en ai perdu pendant quelques temps la foi en mon voyage. Je ne savais plus ce que je faisais la, mon quotidien n’était plus qu’une épreuve physique sans la perspective d’une pause communicative régénératrice, et je n’avais donc plus rien à dire. (C’est sans doute ce qui était le moins évident à déchiffrer dans mon histoire sans paroles).
Mais ! car il y a un « mais » évidemment, sinon l’histoire s’arrêterait là. Mais, donc, est arrivée Valencia. Et la, je me suis posé dans une auberge de jeunesse (ou je fais désormais partie des plus vieux) et pendant une semaine je n’ai pas fait grand chose d’autre que bavarder avec ces jeunes gens sympathiques et enthousiastes de toutes les nationalités, du Japon jusqu’au Canada (et parfois même les deux 😉 Aïko). Le bonheur et le vrai repos, tant pour l’âme que pour le corps.
Bref, rechargé à bloc je viens d’avaler une semaine de 270 km pour me retrouver aujourd’hui pratiquement aux portes de l’Andalousie. ¡ole!