Les litchis arrivent à Fianar par paniers entiers, recouverts de feuilles de bananier pour conserver la fraicheur des fruits. Trois fois par semaines, à l’aube, ils sont charriés des wagons du petit train vert qui relie la cité des hauts plateaux à la ville côtière de Manakara où ils sont récoltés. Cela se passe juste en contre-bas de ma terrasse qui surplombe donc la gare. Posés d’abord sur le terrain vague qui borde les rails le temps d’un inventaire je suppose, les paniers tressés pleins à craquer sont ensuite achetés par des vendeuses qui vont inonder la ville des fruits roses. Des petits étals s’improvisent alors sur tous les trottoirs de la ville; la chaussées est couverte de peaux et de noyaux de fruits consommés sur place. De costauds athlètes aux pieds nus vont aussi pousser de la tête leur varambas (chariots) surchargées pour monter les fruits jusqu’au marché principal Anzuma, perché sur les contreforts de la ville haute. Je les dépasse le matin, la sueur perlant sur leurs dos, dans la dure côte de l’école qui n’est, elle, qu’à un tiers de la pente en haut de laquelle grouille déjà le marché.