Et oui, m’y voici! Même si je ne sais plus trop comment c’est arrivé. Mon vélo, habitué, s’est rendu facilement à l’aéroport de Montréal, malgré l’inhospitalité caractérisée de ce type de lieux envers les deux roues de son espèce. J’y ai attendu fébrilement le copain Serge de retour de Guinée pour des congés dans son pays natal. Il y eu quelques bières trop rapides et beaucoup d’histoires de ce pays d’Afrique de l’ouest où nous avions nos souvenirs en commun; puis une porte d’embarquement où visiblement on attendait quelqu’un, et enfin des rangées de gens assis dont les regards se sont braqués sur moi. L’hôtesse pouvait fermer la porte de l’appareil.
6 heures et demi plus tard, sans livre ni télévision ni même une minute de sommeil, j’apercevais une grande dame métallique à la silhouette familière dans le monde entier, puis bientôt le nez pointu d’un Concorde figé sur le tarmac duquel il ne s’arrachera plus jamais. Le copain Nico était là, autre alien en tenue de cycliste au milieu d’un hall d’arrivée. Quelques minutes de joie et de confusion plus tard nous pédalions à travers de petits villages vieille France et une belle campagne, direction Précy-sur-Oise pour un premier Picon-bière. J’attendais de me réveiller dans ma tente, quelque part au bord d’un champ canadien.
Mais ce n’est pas arrivé.
Après une semaine à Montréal chez Val, la copine photographe rencontrée à Buenos Aires, sur fond de jazz et de vin rouge, et la visite chez d’autres amis québécois resurgis eux aussi de ma vie guinéenne, il m’était forcé de croire que toutes ces retrouvailles étaient bien réelles.
J’ai alors demandé à regarder la première étape du Tour de France, puis je me suis enfin endormi.