Il y a, pour se rendre au Machu Picchu, deux moyens « officiels » pour les gringos friqués que nous sommes : prendre le train, où même le dernier tronçon du Perurail coûte 35 $ l’aller, ou faire en trekking la piste des Incas (le fameux Inca Trail), ce qui revient, avec guide obligatoire, à 200 ou 300 $ la balade. Alors, j’ai inventé le Mika Rail : après avoir convaincu le policier contrôleur au départ de l’Inca trail qu’il s’agissait d’un record du monde « officiel » (c’est un mot qui passe toujours très bien avec ces gens là) reliant les plus beaux endroits du monde à vélo ou en course à pied, j’ai couru les 28 km de voie ferrée qui séparent le dernier village accessible à vélo et la fameuse cité oubliée. Bon, entraîné ou pas, 28 km de caillasses et de traverses en bois avec un sac sur le dos, ça finit par faire très mal partout ! C’est qu’arrivé sur les lieux, il faut encore gravir les mille et quelques marches en pierre pour jouir du spectacle. Ca a dû attendre le lendemain matin !
Mais la région regorge d’intérêts. Il y avait d’abord eu les îles flottantes (je sais, d’habitude c’est en dessert) Uros, construites à l’aide de couches superposées de roseaux qui abondent dans cette partie du lac Titicaca. On peut se demander combien de temps encore on pourra profiter de cette curiosité puisque la jeunesse a déserté les lieux pour les plaisirs de la vie moderne sur la terre ferme.
Puis est arrivée sur ma route Cusco, jadis capitale de l’empire Inca, avant qu’on y coupe quelques têtes, qu’on détruise les édifices et qu’on construise à la place, entre autres, les lieux de cultes catholiques. Je ne sais pas s’il y a lieu de s’apitoyer, l’histoire de l’homme est la même partout dans le monde, et les Incas ne sont pas en reste pour avoir envahi et dominé les autres peuples des Andes. Je constate juste que les grands cultes monothéistes actuels où l’on s’agenouille devant des statues recouvertes d’or et où l’on prêche le salut dans l’au-delà seulement, ont pris le dessus sur des traditions où l’on rendait grâce à la nature, au soleil, au puma ou aux montagnes, parce que les populations avaient senti le lien qui les unissaient tous. Des fois je me dis que certains auraient mieux fait de se taire plutôt qu’essayer d’enseigner à leurs frères moins inspirés ce qu’ils avaient compris.
Bref j’essaye maintenant de m’extirper des Andes en rejoignant la côte vers Nazca afin d’avancer un peu plus vite, mais la Cordillère fait l’accordéon quand on se déplace d’est en ouest. Je passe mes journées dans les cols : 50 km d’ascension, puis autant de descente ; et qu’est ce qu’on fait quand on arrive en bas ? On recommence !!!!

hameau de l’Altiplano

encore du vert... Cusco

... et toujours du vert!

"façon puzzle!" eucalyptus ambulant

Iles Uros: les résistantes.