février 2016


Farniente au Parc National de Lan Sang

Farniente au Parc National de Lan Sang

Bivouac sur moquette...

Bivouac sur moquette…

Nadhia s'envole

Nadhia s’envole

Cyclo-cross à Kamphaeng Phet (14e-17e siècles)

Cyclo-cross à Kamphaeng Phet (14e-17e siècles)

Même site, activité moins sacrilège...

Même site, activité moins sacrilège…

Mon nouveau rétroviseur !

Mon nouveau rétroviseur !

Thaichine?

Thaichine?

Rencontres aux temples
En Thaïlande, comme en Birmanie avant d’ailleurs, nous allons très souvent poser notre tente dans les temples bouddhistes. Un bon moyen de dormir gratuitement, en sécurité et de faire des rencontres toujours intéressantes.

Extraits de journal
Jeudi 11 février – Kamphaeng Phet, Thaïlande
Premier arrêt dans un temple bouddhiste en Thaïlande. On nous indique un beau et vaste hall pour mettre notre tente. Néons au plafond en frisette, une dizaine de ventilateurs, dentelure boisée tout autour, prises de courant. Pas si mal !
Un jeune moine parle un peu anglais et nous sympathisons vite. Quand nous sommes bloqués par la langue, il y a son smartphone et Google translate. Direct du thaï au français. Ah oui, car il y a aussi le wifi dans le complexe religieux, comme à peu près partout dans le pays.
Je descends avec lui au bord de la rivière Ping donner des restes de riz aux poissons. O – c’est son nom – me propose de l’accompagner demain à 6 heures pour quêter les offrandes quotidiennes de nourriture. Pourquoi pas, j’ai souvent vu en pays bouddhistes les moines déambuler dans les rues avec leurs bols mais je ne l’ai jamais expérimenté de « l’intérieur ».
À côté de notre hall et tente se trouve un petit bâtiment rectangulaire avec une grande cheminée pointue : c’est le crematorium (je peux voir la porte du four ouverte en haut des escaliers).
-« Aujourd’hui nous avons eu une personne, me dit O, mais pas de soucis, dans ce temple nous n’avons pas de – il cherche le mot en français sur Google – fantômes… »

Vendredi 12 février – Nakkon Sawan, Thailande
Comme convenu hier soir, je pars à 6h du matin avec O recevoir le « pain quotidien ». Les moines mangent une fois à 7h et une autre fois à 11h, c’est tout. (Après, ils fument des cigarettes.)
O marche vite, pieds nus dans la nuit. Je le suis en baskets, pantalon et pull. La grand’ route est dangereuse dans l’obscurité car déjà pas mal fréquentée à cette heure matinale. Mais mon moine marche d’un pas confiant sur la bande d’arrêt d’urgence. Heureusement, ici leurs habits sont orange, presque fluo. Ça aide pour nous faire repérer par les camions qui foncent, et surtout par les mobylettes qui serrent davantage le bord.
Nous allons ainsi un bon km et demi et, enfin, je vois une dame qui attend devant sa maison, une gamelle de riz dans les mains. L’aube pointe. O doit lui explique rapidement que je suis un voyageur de passage je suppose, et la femme met 2 ou 3 louches de riz dans son gros bol. Elle donne aussi un ou deux sacs plastique de sauce aux légumes et viande. O me les passe et je les glisse dans la musette bleue qu’il m’a prêtée pour l’occasion. La dame s’agenouille ensuite devant le moine qui lui donne la bénédiction. Une fois le dernier mot prononce – et cela se répétera à chaque fois ensuite – il tourne immédiatement les talons et poursuit son chemin. Bon, je ne traine pas et lui emboite le pas, un peu gêné au début de décamper si vite sans pouvoir dire merci. Mais la femme et encore pleine de déférence, les yeux tournés vers le sol.
Après cette première offrande, nous rebroussons chemin. Nous avons en effet commencé par la maison la plus éloignée et, au fur et à mesure que nous retournons vers le temple, d’autres personnes sont sorties à leur tour devant leurs maisons. Chacun offre du riz, des briques de lait, du jus de fruits, et même une fois des barquettes de plats cuisinés du supermarché 7 Eleven.
Quand nous rentrons après à peine une heure, son gros bol de riz est plein et je n’ai plus de place dans ma musette !
-« Tu peux aller prier le Bouddha », me dit O devant le temple maintenant ouvert. Pendant qu’il va prendre son petit déjeuner, je vais en effet m’agenouiller dans le grand bâtiment superbement décoré. Et ma foi, je suis reconnaissant envers qui voudra l’entendre de m’avoir, une fois de plus, permis de commencer la journée d’une bien belle manière.
Du coup, j’accepterai aussi avec plus d’aisance le copieux petit déj que nous apportera plus tard mon nouvel ami.

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Jeudi 25 février – Chachoengsao, Thaïlande
Au temple du soir : Anek le moine parle anglais et un peu français : pendant 30 ans il a été guitariste de rock sur les scènes de Pattaya, la mecque du tourisme et de la teuf, ou encore de Chang Mai. Une femme qui fait « le papillon » (en français dans la conversation) et qui l’abandonne finalement pour un autre, besoin des lors d’apaiser son âme et son coeur, il signe chez les Bouddhistes. Et se débarrasse par conséquent de ses multiples guitares, Washburn, Gibson, Fender et autre Ibanez. Les spécialistes apprécieront… ou se mangeront les doigts.
Anek me montre sur son smartphone (encore !) des vidéos de ses concerts : l’homme est un rockeur furieux ! Solos en tapping, avec les dents, ou guitare derrière la tête, cette dernière, d’ailleurs, peinte à la Kiss des grandes années. Cheveux longs et tenue de cuir dans le plus pur style hard rock des années 90 !
Moi: « Ça te démange pas un peu de gratter de temps en temps ? »
-« J’aime Bouddha, mais quand j’aurai retrouvé la paix, je redeviendrai surement musicien. »
Jimi, c’est son nom de scène, va nous gâter, en plus de son amitié, d’une tonne de nourriture à emporter. Il nous apportera encore, le lendemain matin, des petites confections encore toute chaudes du marché qui vient de s’installer autour du temple. Quand nous partons il me dit :  » Le mois prochain je crois que je rachète une guitare, pour pratiquer un peu… » Peace and Rock n’ Roll, brother !

Avec Anek, moine-rockeur

Avec Anek, moine-rockeur

Au marché

Au marché

Et retrouvailles à Bangkok
Manu et François d’abord. Rencontres une première fois à Pokara, Népal en novembre. Membres alors de la clique des amoureux de liberté, de la montagne et de la vie. Baroudeurs devant l’éternel, à pied, en stop, à vélo… Nos routes se recroiseront encore forcement.
Puis Florence et Claude, amis de Moroni, Comores, gardiens assermentés de notre chat Moka, en vacances dans le pays. Que le monde est petit ! Et beau !

Avec Manu, clandestines dans les piscines des grands hôtels

Avec Manu, clandestines dans les piscines des grands hôtels

Avec Flo. Et un bon vin !

Avec Flo. Et un bon vin !

Claude s'improvise coiffeur à Bangkok

Claude s’improvise coiffeur à Bangkok

L'équipe au grand complet chez Vatel !

L’équipe au grand complet chez Vatel !

D’abord les chargements, c’est plus rigolo

Choux fleurs

Choux fleurs

Chips en tout genre

Chips en tout genre

Panier enfant

Panier enfant

Choux fleurs, en gros cette fois

Choux fleurs, en gros cette fois

Chaises en bambou

Chaises en bambou

Paniers pour mobylettes

Paniers pour mobylettes

La Birmanie au tournant (de son histoire)
Le saviez-vous?
En novembre dernier, la population a exprimé par le vote son souhait d’en finir avec le régime militaire en place depuis un demi siècle. Pas qu’elle ne le souhaitait pas avant, mais bon, ça n’avait pas été reconnu par… le régime en question.
Là, avec 86 pourcents des votes allant pour la Ligue Nationale pour la Démocratie d’Aung San Suu Kyi, cette dernière est plus que légitime pour diriger le pays. Seulement, en 2008, l’armée, sentant le vent tourner, a vote une loi qui stipule que pour être élu à la tête de l’état, un candidat ne devait avoir ni époux, ni enfants d’une nationalité autre que birmane. Or les deux enfants de la Lady ont la nationalité de leur père, anglaise.
Il faudrait donc changer la constitution. Or il ne peut y avoir de modification constitutionnelle sans l’approbation de l’armée. Casse-tête chinois donc, si je puis dire. Surtout que celle-ci dispose encore systématiquement (c’est à dire sans aucun vote) de 25 pourcents des sièges dans chaque chambre de l’assemblée, et d’un droit de véto. On appelle cela, parait-il, une démocratie disciplinée.
Bon, comme le monde entier a les yeux tournés vers ce pays maintenant, l’armée est quand même prête à céder la place, mais elle prépare le terrain. Dans les récentes négociations avec Aung San Suu Kyi, on lui demande notamment 2 choses : 1- de ne pas toucher aux immenses intérêts économiques de l’armée (La Birmanie est un des plus grands producteurs d’opium au monde), 2- de ne pas chercher à se venger, entendre je suppose « à poursuivre en justice » les anciennes personnalités du régime.
Au moins, ça a le mérite d’être clair!