août 2015


L’allée des baobabs a été rejointe, et de la plus belle des manières, à savoir par des « moyens honnêtes » comme dirait Sylvain Tesson. Vélo d’abord jusqu’à Miandrivazo, puis pirogue pour descendre une partie de la rivière Tsiribihina. Alors là, c’est vrai, ce sont plutôt les bras puissants de notre piroguier Mbiti qui ont œuvré, manquant provoquer un tsunami à chaque coup de rame, secondés des mains habiles du « guide piroguier » Joseph, qui lui, entre deux coups de rames -qui auraient bien aussi pu assommer le pauvre hippopotame passant par là-, nous préparait popote et café à même l’embarcation. Il faut imaginer le petit brasero posé sur un tas de sable jeté au fond de la pirogue, dans un espace de 40 cm de large! Enfin, tout cela se passait dans notre dos et nous n’osions nous retourner de peur de faire chavirer notre tronc creusé, au milieu du fleuve dont le nom ne signifie rien d’autre que « celle qu’il ne faut pas traverser ». Hippo alors? Non, infesté de crocos. En tout cas autrefois, avant qu’on ne découvre que l’animal se mangeait, et aussi que le Vazaha (l’Occidental) trouve ultra cool d’avoir un sac ou des bottes qui lui rappellent qu’il peut vaincre même une espèce ayant traversé les âges.
Puis se furent 140 km de piste sablonneuse qui nous ont rappelé qu’on n’était pas venu là uniquement pour faire les nababs, et qu’un endroit mythique ça se mérite. Et là Nadhia m’a beaucoup impressionné, et je crois être objectif! Admirable de calme et d’agilité, de résistance et de détermination dans cet exercice de force et d’équilibre, elle aura pendant ces 3 jours presque tout connu des difficultés qui jonchent parfois le chemin du cyclovoyageur. Il nous a fallu traverser des cours d’eau, en portant sacoches et vélos, patauger dans des mares de boue où l’on s’enfonçait jusqu’aux genoux, affronter la chaleur de midi et l’inconnu de la piste, puis jouer donc de puissance et d’équilibre pour franchir les innombrables bacs à sable. Et pour clore le tout, et s’est retrouvée nez à nez avec un serpent d’un bon mètre cinquante alors qu’elle venait de mettre pied à terre pour franchir une grosse flaque, où le reptile était sans doute venu s’abreuver. Bon, j’apprendrai le soir que ce jour là elle a fonctionné au stress et à l’angoisse pour avaler les 45 derniers km et atteindre Tsimafana, afin de ne pas avoir à bivouaquer dans la brousse avec les charmantes bébêtes. Repos bien mérité à Morondava plage!

café pirogue

café pirogue


(Cliquez sur les petites images)
resto pirogue

resto pirogue

bain de boue malgache

bain de boue malgache


petit matin brumeux

petit matin brumeux


ça arrive...

ça arrive…

zébus amphibies

zébus amphibie


Yes !

Yes !


rizières et baobabs

rizières et baobabs

retour des pêcheurs à Morondava

retour des pêcheurs à Morondava

c’est reparti! Le jeudi 23 juillet nous avons dit au revoir aux amis et à Moroni. Un bateau nous a embarqués, avec nos montures, direction Anjouan que Nadhia ne connaissait pas encore. Visite de Mutsamoudou à vélo et tour de l’ile en taxi brousse. Puis, vol pour Majunga, Madagascar, avec visite du parc Ankarafantsikar à une centaine de km de là. Jusque là, tout ressemble étrangement à mes vacances de l’été 2011 avec l’ami Arnu. D’ailleurs, je me dis déjà que je pourrais nommer respectivement mes 3 grands voyages à vélo 1) l’Aventure (TDM 2005-2007): tout était beau, nouveau, l’excitation à son comble chaque jour ou presque. 2) la Bataille (Afrique 2008-2010): dur physiquement, moralement parfois, des galères de visa, le doute etc… Et 3) les Vacances (de Mada à l’Asie 2015-2016): car il y aura des transports en commun pour les passages les plus délicats ou pour gagner du terrain, des arrêts « confort » pour se refaire une petite santé, et sans aucun doute quelques très bons restos, notamment à Madagascar où il serait dommage de se priver d’une assiette de foie gras ou d’un délicieux pavé de zébu à 3 euros. Du reste, jusqu’à la fin du mois d’aout, je ne suis qu’en vacances n’est-ce pas, ma disponibilité ne prenant effet qu’à partir du 1er septembre.
Comme convenu, nous avons ensuite mis vélos et bagages sur un mini-bus pour nous rendre à Tana, car c’est de là que commence réellement notre périple. Alors, qu’est-ce qui a fondamentalement changé pour moi dans ce nouveau périple, en plus du fait évidemment de le réaliser avec ma chérie?
-J’envisage donc la triche avec les transports en commun sereinement.
-Je roule en sandales et non plus en chaussures à cales!
-Je cherche un petit rétroviseur avant d’avoir un torticolis pour voir si tout se passe bien derrière…

Extraits de journal
Vendredi 7 aout. Tana-Ambatolampy
Le vrai départ!
Ca y est, cette fois, 2 semaines après avoir quitté Moroni, nous voilà en selle pour de vrai.
Les hauts-plateaux malgaches, la RN7 Tana-Antsirabe, la magie n’y est peut-être plus tout à fait parce que je l’ai déjà parcourue deux fois en taxi brousse, mais la beauté est bien là: les maisons en terre rouge, les rizières, les chars à zébus que nous croisons ou dépassons, la route qui sinue et ondule au gré des collines… Et l’odeur des feux de bois quand l’après midi finit et que le froid tombe sur la campagne, la lumière chaude du soleil couchant sur les ocres du pays. On pourrait camper si le besoin était. Nous allons pousser jusqu’à l’auberge la Pineta, chaleureuse et réconfortante, pour Nadhia surtout, pour qui cette première journée fut un peu excessive: beaucoup de dénivelé, de stress pour quitter Tana la brouillonne, trop de km pour un début sans doute. Ouf, nous y sommes et nous voici dans un lit douillet après un bon diner, car c’est la magie de Mada: pour 10 euros tu es le roi du monde!

Dimanche 9 aout. Sabaina-Antsirabe
J’ai retrouvé le rêve. Ce matin, en partant dans le froid mordant et sec, en passant près de cet ensemble de cuivres qui jouait un morceau très enlevé, alors que le soleil venait de percer le brouillard et faisait remonter la température à vitesse grand V, j’avais les grands espaces et la route toute lisse pour moi, j’avais retrouvé le rêve, et avec cela, le sourire qui l’accompagne.

Quittons Tana

Quittons Tana

Guirlande de saucisses !

Guirlande de saucisses !

Cliquez sur les petites images pour les agrandir.

Froid sur les hauts plateaux !

Froid sur les hauts plateaux !

Petit vendeur de gâteaux

Petit vendeur de gâteaux

Cultures en terrasses

Cultures en terrasses

Lumière du soir

Lumière du soir

Arrivée à Antsirabe

Arrivée à Antsirabe

Je vous explique tout très bientôt !

Nadhia à Majunga

Nadhia à Majunga

Le baobab de Majunga

Le baobab de Majunga

Dans le parc d'Ankarafantsikar

Dans le parc d’Ankarafantsikar