novembre 2013


En attendant les images de nos joyeuses rencontres avec requins et consorts, voici une autre vidéo, en partie sous marine, réalisée par notre Robin des Mers:

Vous pouvez voir d’autres films du gaillard sur nos îles d’adoption en recherchant Rob Rider sur Youtube.

Si vous aimez la vie sous-marine, c’est là qu’il faut aller ! Nous y avons fait deux excursions dernièrement. La première, en masque et tuba autour de l’îlot de M’chaco, au large d’Itsamia, la plage aux tortues. Ma mamia, comme c’était en octobre, nous avons d’abord eu droit au ballet des baleines, plusieurs groupes, avec ou sans baleineaux. Nous avons pu nous mettre à l’eau et les regarder sous la surface ; magique. Autour de l’îlot, ça commence avec des bancs de grosses carangues. Puis, voilà une tortue par là ; bon, on a plutôt l’habitude par ici, même si ça fait toujours plaisir. On a même vu quelques couples copuler à la surface; bonjour le sport pour Madame qui est dessous! Plus loin, une jolie raie aigle, avec ses ailes en losange tachetées de blanc, file rapidement sous nos yeux, ou plutôt sous nos masques; ha, ça devient intéressant. Soudain : « Requin ! » C’est mon premier, ça fait un petit frisson, pas de crainte, plutôt de respect et d’admiration: il glisse sans aucun effort, sûr de lui, l’œil vif, aux aguets en permanence mais sans agressivité aucune. C’est un beau petit pointe blanche, requin de récif inoffensif. On avance un peu, tournant autour du gros caillou recouvert de guano, refuge de nuit pour les oiseaux marins ; en voici deux autres ! Nous nous approchons, la topographie sous-marine offre des failles idéales pour s’abriter des courants. Nous arrivons au-dessus d’une d’entre elles et c’est la véritable fosse : ils sont une quinzaine, de 1 à 2 mètres, tous à pointes blanches, à tourner sous nos pieds. Comme nous sommes de super-apnéistes, quelques uns d’entre nous descendent se mêler aux bébêtes, Go-pro au poing pour des images inédites (Robin, on attend le montage !!!).
Du coup, j’y ramène ma belle quelques semaines plus tard pour son anniversaire. (Je dirai pas le combientième, mais je fêterai la même quatrième décennie sur Terre bientôt aussi…) Cette fois ci nous plongeons en bouteille : rerequins, retortues et reraies, aigle ou sting. Une murène géante se fait curer les ratiches par trois crevettes nettoyeuses qui n’hésitent pas à s’enfoncer dans la gueule béante ; Les barracudas sont également au rendez- vous, l’air toujours aussi menaçant, surtout en bande quand ils font les malins à tourner autour de nous, l’œil torve. Je fais ma première plongée de nuit, au tombant de Nioumachoua : les langoustes, inconscientes, se baladent à portée de fourchette, un gros crabe camoufleur se croit invisible sous un morceau de gorgone, les coraux révèlent leurs vraies couleurs à la lumière de nos torches, l’eau les filtrant sinon au fur et à mesure que l’on descend, pour ne plus laisser que le bleu puis le noir (mais si vous en êtes là, vous êtes mal…). De grosses tortues vertes viennent encore danser dans nos faisceaux lumineux, jusqu’à nous effleurer avec leurs nageoires. Et les phosphorescences, quand on agite l’eau autour de nous, lumières éteintes ! On se croirait perdu dans un espace intersidéral vibrionnant. Vous voyez le tableau ? Bref, du très beau.
Le soir, nous partons de nouveau lampes en main, mais pour remonter une rivière avec l’ami Richard afin d’aller chercher des écrevisses. Tuer à la machette des petites bêtes que leurs yeux roses ont trahies dans l’eau douce du marigot n’est pas vraiment mon truc, mais quel délice le lendemain quand nous les faisons rougir sur le barbecue, posés peinards avec des copains et une bouteille de Saint-Emilion sur l’îlot désert de Wenefou !
Voilà, la vie aux Comores, c’est ça aussi. Je devrais dire, c’est surtout ça ; on n’a pas de ciné ou de vraie salle de concert, pas de piscine pour s’entrainer pour l’ironman, pas même de route carrossable pour maintenir mon kilométrage à vélo (ni pour seulement me faire plaisir !) et je risque à chaque footing de me faire écrabouiller par un taximan assassin, mais on a tout ce que je viens de décrire à portée de palmes, et ça, ça vaut au moins autant qu’une course !