Et si les saisons rudes dans les pays tempérés permettaient de se reposer (l’âme et le corps) en se laissant aller à un peu de léthargie quand il fait trop moche dehors ? Aujourd’hui il pleut sous les tropiques : je ferme mes volets et retourne sur mon lit bouquiner entre deux siestes ; enfin une bonne excuse de ne pas aller rouler et courir par monts et par vaux.
As-tu jamais pleuré devant un arbre ?
Le sédentaire qui a posé sa maison sur une parcelle de terrain l’admire en pensant : « Ceci est à moi. » Ou au mieux « Je suis ici chez moi. » Le nomade qui s’installe pour quelques temps dans la nature et qui contemple ce nouvel environnement se dit « Ceci est pour moi. »
Le premier possède un périmètre bien défini, le second est riche de la terre entière.
C’est l’arbre qui a raison.
Voilà que j’ai peur de rêver. Peur de me projeter, trop fort, trop loin, trop longtemps. Des années d’énergie, de rage, concentrées en un rêve. S’il échoue, c’est autant de perdu. S’il se réalise, que reste-t-il après ? Du vide, une décompression sans limites, une fatigue intense. Un premier rêve m’a conduit jusqu’à la moitié de ma vie. Que se passera-t-il si je me remets à rêver aussi fort ?
J’irai demander à mon arbre.