janvier 2013


Cliquez dessus pour les voir belles

Un au revoir à l’Afrique? J’avais besoin d’aller la voir encore une fois, car je voudrais prendre la direction de l’Asie à la rentrée prochaine. Je veux dire: nous voudrions partir en Asie. Car oui, je voyage dorénavant avec ma chérie. Et en attendant qu’elle se fasse encore un peu les mollets, nous avons loué une voiture pour réaliser ce grand périple tanzanien.
Départ de Dar es Salaam, où j’ai retrouvé le quartier où j’ai patienté trois semaines sur des chaises en plastique il y a deux ans de cela avant que ce fameux rafiot m’embarque pour les Comores d’où je ne suis jamais reparti. Passage ensuite par Morogoro, la ville de mon premier palu (cf ce blog, janvier 2006 je crois bien), puis direction le Mont Hanang, belle montagne de 3400m tout de même, un peu délaissée par les touristes (tant mieux pour nous!) qui lui préfèrent le célèbre mais blindé de monde packagé et tour-organisé Kilimandjaro, ou son voisin le Mont Méru, pratiquement aussi cher ($900/personne l’ascension, merci, au revoir). Non, le Mont Hanang se laisse grimper pour une trentaine de dollars de frais de parc, plus une autre poignée de dollars pour un guide nécessaire au moins pour vous mettre sur le bon chemin, quand le sentier serpente encore à travers les villages en terre rouge et les champs de la même couleur qui tapissent sa base et qui, avec le vert-bleu des eucalyptus et des sisals, constituent les deux tons principaux de ce tableau pastoral. Bivouac avec ma dulcinée à 3000m pour finir tranquillement le lendemain matin et redescendre dans la journée.
Direction ensuite le fameux cratère du Ngorongoro à la périphérie du célèbre parc du Sérengeti (c’est fou ce qu’il a de choses connues en fait en Tanzanie, n’est-ce pas?) en pleine terre masaï (et encore un repère!), sur la frontière ouest de la Vallée du Grand Rift (non mais ça aussi j’en ai déjà entendu parler!). La route descend raide le long des parois de cet immense cratère, la plus grande caldera du monde non envahie par les eaux et non effondrée, tout simplement. Bon mais l’intérieur, peu boisé, constitue une étendue tellement plane et ouverte que l’on y repère presque trop facilement les animaux disséminés en grand nombre un peu partout, et qu’on a l’impression certes d’un bel et grand Jardin d’Eden mais aussi un peu d’un immense zoo où l’on aurait placé avec soin et à l’attention du touriste jeepé tous les représentants des espèces animales de la belle terre africaine. Je préfère me dire que le Grand Créateur (j’y crois quand j’en ai envie d’abord; et quand ça m’arrange surtout.), le Grand Bonhomme donc, dans son extrême générosité, aurait jeté depuis là-haut une grosse poignée de ces bébêtes, un peu comme on jetterait un grosse poignée de vermicelles, vous savez ces petites pâtes en formes d’animaux qu’on appréciait tant quand on était gamins, dans une grosse gamelle d’eau, sans eau encore une fois, je répète. Cela dit, 20 km de diamètre, si tu divises par deux (t’en connais alors un rayon!), que tu mets ça au carré et que tu multiplies par quoi? ben par pi pardi! ça fait quand même une belle (j’ai fait un bac C) et grande surface à sillonner dans ton Toyota si tu veux toutes les débusquer! (Pour le style, c’est parce que j’ai lu du San Antonio pendant mes vacances). Bon, vous voulez savoir ce qu’on a vu? Je vous dis ce qu’il a manqué à notre tableau de chasse, ça ira plus vite: pas de guépard, léopard ni salopard, et pas de girafe (normal, y’en a pas là-bas). Tout le reste, oui. Plus des hordes de tout-tristes et des tas de Toyota, donc. (C’est encore du Frédéric Dard).
Direction ensuite les pieds des fameux monts sus-mentionnés, perdus dans les nuages, et donc invisibles à nos yeux de terriens cloués au sol par 1 tonne de carrosserie. Nous sommes allés nous consoler sur les plages de Pangani dans le nord-est du pays, longues, presque blanches et bordées de cocotiers, et cela a coïncidé avec le Nouvel An, poil aux dents.
Comme rien n’est gratuit en Tanzanie, ni même mon humour à deux balles pourtant, je vous dois une explication pour cette dernière phrase. (l’avant dernière maintenant): ma première action de cette belle et nouvelle année fut de me brosser les dents, quand à 1h du matin (le 1er janvier donc) j’ai décidé de me relever pour aller me dégager un peu l’haleine, après que je me suis endormi sur mon San Antonio donc (vous voyez bien que je raconte pas d’histoires!) avec seulement 2 Serengeti (cette fois ci c’est des bières, tanzaniennes of course) dans le buffet. Un peu dans le cirage, un peu dans le noir, je trouve que l’eau de mer dont nous disposons dans un tonneau pour nous laver (ben ouais, on est un peu en brousse quand même), cette eau salée donne donc un vrai sale goût à mon dentifrice, mais comme je ne suis pas trop clair, la salle de bain non plus je vous l’ai déjà dit, suis à moitié endormi, et que ma moitié, endormie, me somme de revenir finir mon somme (comment ça c’est lourdingue), je poursuis mon activité buccale. Quand même, écœuré, même après un triple rinçage, je vais farfouiller dans ma trousse de toilette et je comprends le binz: ma douce y a rangé incognito sa crème dépilatoire! Désopilant. Poil aux dents, donc.
Je ne lui en veux pas pour autant et l’emmène quand même à Zanzibar, puisque c’est son rêve. Et là, la sirène plongeuse retrouve une amie qui gère un centre de plongée sur le petit atoll de Mnemba, à 5mn en bateau de la côte nord-est de Zanzibar, et qu’est ce qu’elle fait? Elle y reste pour travailler! Moi qui intitulais mon dernier post « Elle m’est revenue », j’aurais dû appeler celui-ci « Puis elle est repartie ». Bon, ce n’est que pour un mois. Et puis, travailler sur une île privée (mais pas privée de sable blanc) de quelques centaines de mètres carrés, limitée à 12 bungalows pour deux personnes chacun, c’est pas tous les jours. Ah mais je vous entends déjà penser, on va y aller, tu parles d’une aubaine, mer magnifique, plage de plâtre et une belle sirène d’ébène pour s’occuper de nous quand son mec est loin en plus! Eh ben c’est là que je calme vos ardeurs: les bungalows, c’est 3000 dollars la nuit! Et oui, quesque vous croyiez gros malins! Et vlan, je garde ma sirène et vous gardez vos rêves.
Bon, conclusion, parce qu’il est tant de conclure quand même (c’est facile d’être prolifique -ou prolixe?- comme un Santantonio en fait): Je suis rentré de mes vacances en Tanzanie et Zanzibar sans ma mie et sans slibar. Parce que faire le vrai touriste, c’est bien beau, mais ça coute bonbon! Mais comme ma chérie plongeuse elle va côtoyer des gros poissons, j’ose espérer que les pourliches en conséquence seront. Et alors, quand elle rentrera, je pourrai me racheter des sous-vêtements. CQFD et bonne année !

Pour les photos faudra attendre. Vous croyez que Sana il avait encore le temps de glisser des images quand il écrivait 8 chapitres par jour?