novembre 2012


Elle est enfin arrivée, de Suède avec ses petites pattes: c’est pour ça qu’elle a mis si longtemps. Made by Bertil Holmström, nouvelle star du cinéma bollywoodien! Click and enjoy!!!

Mont Blanc: the classic, the hardcore and the bollywoodian ways

Je viens de passer une semaine à Mayotte, 4ème île de l’archipel des Comores, 101ème département français. Cherchez l’erreur. Bon, ben heureusement que j’avais réintégré l’éducation nationale au 1er septembre et que j’avais un salaire en conséquence, parce qu’avec les prix pratiqués là-bas j’aurais galéré avant ça. Alors quand on est Comorien et qu’on arrive là clandestinement, parce que mine de rien, la France ça en fait encore rêver quelques-uns, et bien c’est pas joli joli. Parce qu’évidemment les soins remboursés, le salaire minimum et le RSA ça ressemble à l’eldorado, mais pour y avoir droit il faut avoir des papiers. Par conséquent l’Anjouanais qui débarque de son kwasa (embarcation de fortune) un jour, ou plutôt une nuit, dans une petite crique cachée, tout content de ne pas avoir rejoint ses milliers de cousins au fond de l’eau dans ce sinistre bras de mer séparant les deux îles, déchante vite quand il comprend qu’en plus de n’avoir droit à rien, le prix du kilo de tomates ou de poisson est 4, 5 ou même 10 fois plus élevé que chez lui ! D’autant que la police, toute française qu’elle soit, n’hésite pas à enfoncer des portes pour entrer de nuit dans les maisons à la recherche de sans-papiers. Et tant pis si on s’est trompé, la porte t’auras qu’à la réparer toi-même ! De la même manière, le malheureux Mahorais (habitant de Mayotte) qui a oublié ses papiers pour aller faire ses courses et qui se fait arrêter au rond-point dans un taxi –car je parle d’exemples précis et vécus, évidemment), peut se voir envoyé (et pas renvoyé, donc) à Anjouan, après un séjour sordide dans le camp de rétention de Pamandzi sur Petite-Terre. Voyage gratuit jusqu’à l’île comorienne voisine, le temps qu’un tiers puisse apporter les papiers nécessaires à prouver l’identité du hors la loi (car du coup il l’est, Français arrivant aux Comores sans visa !)Bref, curieuse politique que celle d’un pays qui veut mettre la main sur un autre mais n’en accepte pas les habitants. Une belle bouffonnade à mon avis.
Et le bon côté ? Y a des belles routes, nickel pour faire du vélo, mais mon embourgeoisement récent m’a amené à louer un scooter. Quelle honte et quel gâchis, je sais! Sinon, la passe en « S »à la sortie du lagon, pour la plongée, belle et bien à la hauteur de sa réputation : mérous énormes, sèches, nudibranches (surtout pour Arnaud), tables de corail, et tout ce que j’ai raté (tortues, baleines…et les nudibranches d’Arnu donc). Autre signe de mon changement de condition sociale, je suis parti avec une tente dans le sac et je ne l’ai pas utilisée une seule fois. Enfin, un signe qui ne trompe pas: je suis allé dans un bar à putes et… je suis revenu tout seul. Bref, je suis rentré de mon premier séjour en terre française hors métropole content de mes vacances, reposé (normal, le scoot et un bon lit chaque soir –avec plein de place dedans en plus), mais pas convaincu ; avec une drôle de sensation de malaise, comme un arrière-goût, quelque chose qui colle à l’esprit; quelque chose de déplacé.