J’ai entendu il y a quelques jours à la télé (oui, oui, y a une télé dans un des petits restos où je vais régulièrement) qu’une étoile de mer, l’acanthaster pourpre ou « couronne d’épines », a déjà dévoré 30% de la Grande Barrière de Corail au large de l’Australie. Dans 10 ans, si on ne fait rien, c’est la moitié de ce riche écosystème qui aura disparu.
C’est un équilibre qui se rompt. Oui, et alors, même s’il n’y avait plus du tout de corail, peut-être que des tas de poissons mourraient aussi, et d’autres espèces également, par réaction en chaîne, mais quoi, au bout du compte un nouvel équilibre s’établirait; plus le même, sans aucun doute, mais un équilibre quand même. Alors quoi, à l’échelle de l’univers, une partie (la Terre) d’une partie (notre système solaire) d’une galaxie parmi des milliards d’autres aurait perdu une partie de sa vie. Ridicule. L’équilibre cosmique, lui, en resterait inchangé, l’impact sur lui serait tout à fait négligeable. Il faut voir grand, il faut voir loin. Et pendant ce temps d’ailleurs, d’autres espèces et d’autres formes de vie même apparaissent peut-être en des centaines de lieux différents partout dans l’univers. Alors quoi, où est le problème? A l’échelle de l’univers auquel nous appartenons il n’y en a pas. Et même, des étoiles implosent et des mondes partent en miettes sans doute tous les jours dans les galaxies qui nous entourent et l’ordre cosmique s’en remet, toujours.
Le seul truc qui me gêne dans tout ça c’est:
1. que ce soit l’homme qui soit responsable du bouleversement de ce mini équilibre terrestre (oui j’en ai déjà parlé, je me répète, je voyage plus, je me fais chier). Pour les étoiles de mer qui nous concernent, elles ne se seraient pas mises à proliférer sans les engrais déversés sur les champs et qui finissent à la mer. Pour la barrière de corail du Pacifique, je sais, y a pas que les couronnes d’épines qui la bouffent, y a les cyclones à répétition qui la ravagent et l’élévation de la température qui fait dépérir le corail, mais c’est deux conséquences de l’activité humaine quand même. Et donc, qu’une espèce se détruise parce qu’elle est conne et n’a pas su voir plus loin que le bout de son nez est une chose, qu’elle en fasse disparaître des dizaines d’autres, qui ne lui ont rien demandé, en est une autre. Soit dit en passant, la traduction judéo-islamo-chrétienne de cette réflexion – puisqu’en ces temps modernes il en est encore pour penser que l’homme est au centre du monde -, c’est que c’est un bien bel affront et un bras d’honneur caractérisé au grand créateur. Sacré paradoxe !
Deuxièmement, c’est que bien que toute espèce ait une capacité d’adaptation remarquable (regardons de quoi nous sommes partis -et je parle pas des deux rigolos qui batifolaient sous un pommier- pour nous extraire de la fange grouillante, nous dresser sur nos deux pattes arrières et respirer le nez en l’air), ces transformations, donc, se sont faites sur des millions d’années. Pas sur 50 …ce qu’il a fallu à l’homme pour vider la moitié des océans, détruire une partie des forêts tropicales humides et j’en passe. Par conséquent, mais je l’ai déjà dit aussi, je donne 50 ans -100 grand maximum- de survie à l’espèce humaine.
Et mon problème à moi, à moi je personnellement bibi, c’est quoi dans tout ça vous allez me dire, puisque je n’ai même pas peur de la punition du tout-puissant?
Et ben c’est que moi aussi j’aimerais bien avoir un gamin un de ces quatre. Mais comment pourrais-je oser donner la vie avec des perspectives d’avenir aussi funestes? Je me le demande. Et je vous le demande.
Sur ce, bonne soirée et ne regardez pas trop la télé, une heure par-ci par-là, moi, ça me fout en l’air pour une semaine.