septembre 2012


En cette journée de congé inopinée (vendredi, no comment), il suffisait de grimper un peu pour échapper à la grisaille qui, depuis quelques temps, s’emparait systématiquement de la région de Moroni les après-midi. Après un départ relativement matinal -compte tenu de la soirée tarot-bière-guitare qui précédait-, nous avons vite traversé la couche ouatée qui enveloppait de sa fraîcheur humide la forêt tropicale du volcan Karthala, pour ressortir côté ciel, l’autre « grand bleu », balayé par les vents et tendu vers l’infini. Après, ce ne fut plus que bonheur simple: copains et bivouac, nature et grandeur, voyage au cœur de la terre et dans le temps en observant la géomorphologie des lieux (merci à notre prof de SVT souvent présente lors de ces excursions), danse indienne autour du feu une fois la bouteille de rhum arrangé finie parce qu’il ne faudrait pas être que sérieux non plus, et voilà, petit café à la fraîche le lendemain matin et on redescend, les batteries rechargées pour une nouvelle semaine de travail côté mer. Life goes on. (D’ailleurs, je termine ce post et je vais piquer une tête.)

Retour aux Comores, retour à l’école, et même retour à l’éducation nationale après 7 ans d’absence pour cause de rêve à réaliser. Pourtant rien ne sera plus jamais comme avant. Ces années de pérégrinations m’ont libéré, je récolte encore progressivement les fruits de ce voyage initiatique. Je n’ai plus peur. Je regarde vers la seconde partie de ma vie qui se profile à l’horizon, sans angoisse, parce que j’ai le sentiment d’avoir déjà bien rempli la première.

Sinon, j’ai changé d’appartement ici aux Comores. Je suis dorénavant de l’autre côté de la plage. Notez la vue qui a changé aussi quelque peu avec l’angle. Ce n’est pas moche non plus.

Extrait de journal:
Merc. 12 septembre 2012
Réveil à 6h, même si je ne bosse qu’à 9h30. Ça m’a permis d’aller nager à la fraîche et de faire quelques longueur sur la plage en footing. Quel pied! Finalement, je ne suis pas si mal dans cette pension en attendant Nadhia.
Je vais tâcher de m’autodiscipliner un peu de nouveau en attendant de plus grands projets. Me lever tôt même si je ne travaille pas à 7h30, ça me permet soit de faire un peu de sport, soit de préparer quelques cours avec l’esprit vide et les idées claires. Je ne sais pas encore trop bien comment occuper mes après-midi; je n’ai plus autant ce besoin, comme l’année et demie passée, de ne simplement rien faire. J’ai rattrapé le temps perdu, celui du repos et du calme, je suis prêt à regarder à nouveau vers l’avant, tout doucement, sans oublier de profiter de l’instant.