mars 2011


Viens, viens je vais te raconter un secret. C’est un secret si petit qu’il se cache sous les cailloux, visible seulement des fourmis. Viens, je te ferai fourmi. Il y la terre qui tourne et la musique autour, et toi aussi tu redeviendras note, pour t’amuser avec le vent.

Je voudrais être une chrysalide,
légère et vide,
un outil au service des autres.
Je serais comme un champ de blé,
qui se balance au gré du vent.

J’ai vu le monde tourner sans moi. Comme c’était beau, comme tout était léger! Il tournait, libre; à moins que ce ne fût moi.

L’univers comme une graine de sésame, noire et petite. Le mandala coloré; amour; grains de couleur; beau comme la vie. Il est la vie.

Le voyage pour qu’en mouvement on puisse saisir l’instant, garder sa conscience éveillée, le plus souvent possible. C’est une façon facile de vivre bien.

On ne le dira jamais assez, celui qui fait l’effort de se lever tôt en est amplement récompensé par la magie du spectacle du jour naissant. Sans doute parce qu’avec le jour nouveau renaissent aussi tous les espoirs. Tout est encore possible dans l’air pur du matin et dans l’esprit purifié par une saine nuit de sommeil. Les rêves resurgissent: liberté, émerveillement, et avec eux des émotions que seul un esprit apaisé par le calme de la nuit peut laisser naître avec une telle intensité. Je suis un rêveur? Oui, parce que le rêve est un moteur pour l’action. A condition toutefois de lui laisser sa chance, c’est-à-dire d’y croire, sans la moindre place pour le doute. Pour cela faire fi du reste du monde, se recentrer sur son unicité et ne pas en avoir peur. Mais qu’elle effraie cette force immense qui est en chacun de nous d’être le seul et unique maître de son destin! Qu’elle dérange, l’idée de l’homme tout-puissant vis-à-vis de lui-même! Le jour qui se lève aide à prendre conscience. Par quelle alchimie? Peut-être juste par l’impression que l’on peut avoir dans ces instants que le jour n’éclot que pour soi-même, qu’il est là tout entier pour nous, qu’il se donne à nous et qu’il le fait juste pour nous. Ce n’est qu’une illusion? Peu importe, pourvu qu’elle donne la force, la force d’y croire, la force de voir la beauté; la perception de la beauté qui permet de comprendre, de comprendre la perfection et l’équilibre parfait de la vie, de la feuille aux géniales nervures à la place de chaque être vivant dans l’univers. Je suis un rêveur? Mais je ne rêve que réalité. Et pas dans un autre monde, celui-ci a tout pour faire.

Retrospective et -spection (cf post 29-09-2009)
Je m’enfonce avec délectation dans la forêt inconnue. La nuit tombe et tout devient obscure. Je jubile. De me savoir perdu. C’est-à-dire sans repères, donc attaché à rien. Donc libre. Je m’enroule dans ce manteau sombre comme dans une douce couette et je vais y dormir. M’y abandonner. Car je me sens chez moi, à la vie, dans la nature. Je lui fais entièrement confiance, comme à une mère; tout ce qu’elle choisira pour moi sera bon. Et puis, je suis en Allemagne; l’Allemagne est bonne; elle me déchire avec délice. Je la hais parce que je sais que je l’aime sans pouvoir me l’expliquer. Ses pains d’épices me torturent l’âme, son thé de Noël aux violents parfums, ses pains aux céréales. Et surtout ses champs jaunes, dans la plaine en automne! Beauté brute et brutale. Je souffre de bonheur. Je ne pourrai jamais me l’expliquer alors je la vis, je la bois, comme une défonce, sourcils froncés, larmes aux yeux, jusqu’à la lie.
Pourtant, je crois savoir maintenant: tu fus ma première expérience de dépaysement, de mise hors repères. Premier voyage, première perdition. Je te hais d’un amour profond pour ça. Tu fus ma première leçon de liberté.

Yes, yes, yes, we’re gonna go. We’re gonna go again and visit Madagascar. T’es prêt vieux camarade? Je vois bien que tu t’ennuies, je vois bien que tu te rouilles. T’es pas fait pour les balcons. Mais sauras-tu me porter encore? Auras-tu les forces nécessaires pour de nouvelles épreuves? Je sais que c’est mon cœur qui te donne ta force, et ma foi qui te garde en bon état. Je t’ai presque négligé ces derniers temps. Saurais-je te refaire une santé?

Pas cap !

Posséderais-tu une botte secrète, Casanova
Ou ne sont-ce là que des coups fourrés, des coups bas
Je souhaiterais que tu m’enseignasses
Quelques unes de tes passes
De celles-là qui prennent tes partenaires
Par surprise ou par derrière
Et qui à tous les coups font mouche
Bien au delà de la simple touche
Y a-t-il un art de la fente
Une science pour leur piquer le bas-ventre ?

D.P.