juillet 2010


Vendredi 9 juillet : Scottburgh, Océan indien.
J’ai atteint à Port Shepstone (100 km sud Durban) le point le plus austral de mon périple africain. Après avoir mis le cap au sud pendant 2 ans, je refais route vers le nord.

Mais je voulais surtout parler de l’hospitalité que j’ai rencontrée dans ce pays que j’ai failli éviter. En quelques semaines, j’ai dormi dans une maison grande comme un château, dans une autre beaucoup plus modeste, préfabriquée et bien abimée mais toute aussi chaleureuse, dans le dortoir d’une école réputée de Johannesburg, dans une ferme ou l’on m’a gavé de biltong maison (viande séchée) préparée à partir de gibier local. On m’a aussi laissé les clefs d’un appartement dans la petite ville balnéaire de Scottburgh, on m’a logé gratuitement et pour aussi longtemps que je le voulais dans un superbe Bed and Breakfast au bord de l’Océan indien et j’ai quitté ce matin une jolie maison vieille d’un siècle et classée monument national (avec poignées de chasse d’eau dorées SVP).
En plus de tous les bons repas et des litres de bière qui ont coulé devant les matchs de la Coupe du Monde (ou pas !), on m’a fait visiter Durban, son aquarium et son stade géants, s’est occupé de faire réparer, ressouder et consolider mon vieux vélo fatigué, on a réglé mon visa pour le Mozambique en deux temps trois mouvements, m’a enseigné l’histoire et la politique de cette nation arc-en-ciel et m’a fait me sentir à chaque fois comme un membre de la famille.
Je fais désormais route vers le Swaziland, rechargé et impressionné par le côté positif et décontracté de tous ces gens. Ils m’ont inspiré. Parmi eux, un groupe part à la fin du mois faire du vélo à Madagascar, et Ryan me rejoint à Maputo pour pédaler à travers le Mozambique. Il n’y a pas de hasard…

C’est l’hiver au Royaume du Lesotho. Les habitants sont enveloppés dans de chaudes couvertures et les ânes et moutons donnent aux maisonnettes aux toits de chaume des airs de crèches. La nuit tombe doucement à 17h et les montagnes virent alors au mauve dans l’air glacé du soir. Mes gants sentent la pelure d’orange. Le chef du village qui n’a pas voulu me laisser dormir dehors allume un feu de bouses dans un bidon percé. Bientôt, Madame apporte le repas de maïs et de choux. Ce soir, je vais moi aussi dormir sous d’épaisses couvertures.

Parfois, les montagnes s’écartent pour laisser place à une vaste plaine ou l’herbe grillée évoque les steppes mongoles après l’hiver. La route qui la découpe ondule doucement. Je suis seul, je suis bien. Je touche à mon rêve de gamin.