juin 2010


Je viens de passer une semaine dans la grande agglomération sud-africaine aux airs de New York. J’y ai retrouvé des copains et des élèves d’Abuja, Nigeria. Les enfants disputaient la Coupe du Monde de football des écoles françaises à l’étranger et ma foi, ça jouait parfois presque aussi bien que chez les grands. Du moins y avait-il autrement plus d’entrain et de gnack que chez certaines équipes professionnelles… Ah ah ah, ces bouffons ! Les Bleus de Domenech ne nous ont peut-être pas fait vibrer mais ils ont bien fait rire le monde entier !
Sinon ici les vuvuzelas ont évidemment baissé d’un ton depuis que les Bafana Bafana ne sont plus non plus de la partie, mais le pays est à fond derrière le Ghana, dernière équipe africaine en lice. Je suis d’ailleurs allé les voir jouer contre les Etats-Unis.
En route maintenant vers les montagnes du Lesotho. Préparez gants et bonnets !

Extraits de journal
Jeudi 3 juin. Livingstone, Zambie.
Les Chutes Victoria, en langage local « Mosi oa Tunya » ou encore « La fumée qui tonne ». Je crois que ça résume plutôt bien la situation. J’imagine la crainte, l’émerveillement et le respect que devait inspirer cette éclaboussante manifestation des forces de la nature quand les autochtones découvraient autrefois le site, au sortir de la brousse encore tout à fait vierge.

Dimanche 6 juin. A l’entrée du Hwange National Parc, Zimbabwe.
Le parc Hwange est inconnu du grand public. Pourtant Matt a lu sur le net que certains visiteurs y ont vu un nombre impressionnant de lions, léopards et guépards très facilement. On ne sait rien de plus. Nous faisons le crochet. Nous sommes à la fois excités et nous flippons. Sur la piste qui mène à la gate il y a des bouses d’éléphants partout, la végétation est dense et n’importe quoi peut être tapi à deux mètres de l’étroite route de terre. Nous laissera-t-on traverser le parc à vélo ? Le voulons nous vraiment?

Mardi 8 juin. Vers Gwayi River, Zimbabwe.
Il est évident qu’il y a des animaux partout ici, c’est super sauvage. Il y a des traces et des passages partout, et nous ne sommes qu’à quelques km de l’immense parc qui n’est pas fermé par des clôtures. En cas de gros animaux, il faut garder sa tente fermée et ne pas pas bouger, nous ont dit les Sud Africains rencontrés hier au campement ou les rangers nous ont obligés à nous rendre en véhicule. Ne pas y garder de nourriture of course. En principe ils ne font que renifler autour et n’attaquent pas. (Matt me fait remarquer que c’est facile à dire pour moi, avec ma grosse tente. Lui n’a qu’une minuscule monoplace en toile moustiquaire.) Par contre si ce sont des hyènes, on peut dire adieu à nos sacoches et à nos réserves de bouffe… Bonne nuit !

Lundi 14 juin. Après Palapye, Botswana.
A l’entrée de Palapye, ville sortie de nulle part en bordure de l’immense Kalahari, deux superbes édifices en construction se dressent devant une ribambelles de maisons toutes identiques et flambant neuves. On reconnait la patte chinoise. Un peu plus loin je lis : « Nouveau commissariat de police et appartements pour le personnel ». Qu’a reçu cette fois l’Empire du Milieu en échange de cette largesse ? Je lis dans mon guide que la région est renommée pour son usine électrique au charbon. C’est que cette matière première ne doit pas se trouver bien loin. Et le charbon si je ne me trompe, ils aiment encore bien les Chinois !

Mercredi 16 juin. 50 km avant Gaborone, Botswana.
Dans la nuit je suis obligé d’enfiler une nouvelle couche d’habits dans mon duvet. Au réveil, l’intérieur de l’abside de ma tente est givré, mes sacoches aussi et l’eau dans mes bidons complètement gelée. 30 mn après mon départ je suis obligé de me rendre à l’évidence : impossible de rouler dans ces conditions et, comme d’autres, je dois faire un feu au bord de la route pour me réchauffer. J’ai l’onglée !

Si vous voulez savoir ce que je pense de la malaria, n’oubliez pas d’acheter le numéro de juin de « Causons-en« . Et ne venez pas vous plaindre si vous n’l’avez palu…