mai 2010


Voila, nous avions bien réussi à obtenir le sésame angolais à Kinshasa, mais il ne s’agissait que d’un visa de 7 jours. C’est peu pour traverser en vélo un pays de plus de 2000 km. Alors, avec Miles, on avait décidé de mettre la tête dans le guidon un max pour être le moins longtemps possible en situation irrégulière dans ce pays. Rien de plus normal que d’être un peu fatigué donc, surtout que je n’avais plus vraiment roulé depuis mon arrivée à Pointe-Noire en janvier ! Mais voila, quand j’ai commencé à frissonner et à claquer des dents en plein milieu de journée à Lubango, il a bien fallu se rendre à l’évidence… et à l’hôpital. Et quand on attend avant de se soigner et qu’on s’est bien fatigué en plus, le vilain parasite a tout le loisir de se répandre et de vous pourrir l’organisme. Cette fois, ça m’a valu non pas 40 heures de lit mais 72, perfusions en prime. Depuis, je me remets doucement ; j’ai du traverser la frontière avec 11 jours de retard ce qui m’aurait normalement valu une amende de 1850 dollars US si on n’était pas en Afrique et qu’on ne puisse pas s’arranger avec les services d’immigrations (30 euros sous la table, ça vaut le coup, non ?). J’ai retrouvé Miles en Namibie ainsi que Matt, un autre Américain à vélo, et nous venons de passer le week end en voiture dans le parc national d’Etosha. Comme cette fois nous avons tout notre temps pour profiter de ce pays (pas de visa nécessaire et autorisation de 90 jours), nous allons faire un immense détour par la bande de Caprivi et les chutes Victoria.

C’était mardi dernier à Kinshasa. Nous avions décidé avec Frank Verhoestrate, un mordu de moto qui a fini cette année son premier Dakar avec brio, et qui gentiment m’hébergeait dans la capitale zaïroise, d’aller prendre un dernier verre avant de m’attaquer le lendemain matin aux improbables pistes de l’immense RDC. C’est ce faisant que nous avons rencontré certains de ses copains belges qui connaissaient quelqu’un… à l’ambassade angolaise. Un nom et un numéro de téléphone plus tard, j’obtenais le vendredi matin mon sésame pour l’ancienne colonie portugaise ! Vous en voulez encore ? Car non, ce n’est pas tout : à la-dite ambassade je rencontrai Miles, un américain qui s’était époumoné lui aussi à l’ambassade angolaise de Brazzaville pour tenter d’obtenir, en vain, le visa angolais et qui venait de se faire refouler à la frontière en essayant d’entrer avec une simple lettre de son ambassade. Depuis, nous faisons route commune le sourire aux lèvres et nous voici arrivés à Luanda. Merci aux copains belges de Kinshasa, merci à la grande force invisible qui, à nouveau, sème ses petites étoiles sur mon chemin.