novembre 2009


C’est vrai, j’avais quelques appréhensions à l’idée d’aller au Nigéria ; taux de criminalité parmi les plus élevés du continent, enlèvements, coupeurs de route… c’est effectivement la réputation de ce pays surpeuplé producteur de pétrole (donc aux grosses inégalités sociales). Mais je n’avais pas le choix: pour me rendre ensuite au Cameroun, c’était ça ou le Tchad, et pour le visa tchadien, c’était un mois d’attente à Niamey. Donc je me suis décidé pour le pays anglophone.
Mais à peine la frontière franchie, c’est par des « Welcome sir » fusant de tous côtés que j’ai été accueilli. Ca m’a fait la même impression qu’en Colombie, à savoir que la réalité apparaît à l’inverse de l’image qu’on se fait de ces pays, peut-être justement parce que la masse de la population redouble d’hospitalité pour tenter de se défaire de cette étiquette qui leur colle à la peau. Et si on souhaite ici régulièrement un « Safe journey » (soyez prudent quand vous voyagez) plutôt qu’un Good one, c’est surtout à cause de l’intensité du trafic et de la vitesse à laquelle déboulent les véhicules en tout genre, en particulier les minibus Toyota pourraves blindés de gens et de marchandises.
Je suis donc arrivé sans encombres dans la capitale moderne Abudja samedi. J’y ai retrouvé Alexis, directeur de l’école française rencontré deux semaines auparavant au Niger; invitation dans la foulée pour une soirée au club-house du camp Bouygues (de Monsieur René… merci encore à toi !) avec au programme : barbecue et trophée du Beaujolais Nouveau à la pétanque ! Le tirage au sort me fait tomber avec Karl, partenaire au bras sûr quand il s’agit de dégommer tout ce qui flirte d’un peu trop près avec le cochonet. Quelques verres et quelques parties plus tard, nous remportons le tournoi…
Sauf que, les donateurs étant ici particulièrement généreux, me voici bien emm… avec pas moins d’une télé et d’un ordinateur portable à caser dans mes sacoches !!

greniers piments et cacahuètes

camé l'animal ?

jeune fille peul

question d'équilibre

Et que vivent le beaujolais et le tournoi de l'ami René !

J’ai bien failli ne pas voir les dernières girafes de l’Afrique de l’Ouest. N’ayant pas pu me mettre d’accord avec les guides officiels sur un tarif convenable pour la visite, j’ai poursuivi ma route en regrettant déjà mon orgueil qui me pousse toujours à ne pas accepter d’être traité comme un simple touriste et surtout comme un Blanc friqué. Puis, par un heureux hasard (?) je rencontre Ibrahima aux abords du petit village suivant. Je lui parle des grands mammifères et il me dit qu’on peut tout à fait aller les voir d’ici à pied. Cette version plus authentique me plait immédiatement, même si je crains un peu – pour moi comme pour lui – de tomber sur les guides officiels. Nous partons sur le champs et mon type en claquettes armé d’un coupe-coupe adopte un rythme de marche que je n’ai encore jamais connu chez un autre Africain ! Je suis régulièrement obligé de me mettre au petit trot pour combler l’écart qui se forme entre nous. Après dix minutes, et ayant demandé en passant à quelques femmes et gamins s’ils avaient aperçu les bêtes dans le coin récemment, Ibrahima grimpe en deux temps trois mouvements à la cime d’un grand nim (arbre local) pour scruter l’horizon. Après quelques minutes, il me crie qu’il en voit une « plein est » et que « s’il y en a une, il y en a d’autres, car les girafes ne se promènent jamais seules ! »
Nous traversons, toujours au même rythme, les champs de mil et effectivement, quelques minutes plus tard, 7 belles bêtes sont là, à quelques dizaines de mètres de nous ! Peu farouches, ces girafes sont pratiquement devenues domestiques et n’hésitent pas à venir à proximité des villages pour y voler quelques « haricots » (fèves) dont elles raffolent ainsi que des melons sauvages qui poussent parmi les plants de mil.
Nous les suivons à quelques pas seulement et je les mitraillent.
Retour au village où j’avale avec plaisir une bouillie de mil sucrée, après avoir patiemment ôter les « cram-crams » ultra piquantes qui se sont accrochées à mes chaussettes et au tissu de mes chaussures mais dont je ne pouvais me défaire au fur et à mesure au risque de perdre mon guide improvisé.
Je lui donne la moitié du prix que j’avais réussi à négocier à quelques kilomètres de là. Ibrahima est ravi, moi aussi.

Monsieur Girafe (plus sombre que Madame)

Mmmmm !

J’ai repris la route, ou la route m’a repris. Comme une évidence.
Je viens d’arriver à Niamey, Niger.
Extrait de journal:
Dimanche 1er novembre 2009: vers Fada N’Gurma (Burkina)
Alors que je montais hier soir ma tente, le petit Aruna a garé son vélo sur le sentier qui le conduisait au village de Bogré. Après un temps d’hésitation il s’est approché et je lui ai fait visiter ma maison de nomade et montré comment j’allais dormir sur mon matelas gonflable. J’ai partagé quelques morceaux de patate douce après qu’il soit allé me chercher des pierres pour enfoncer les sardines. Ce matin, quand je pliais bagages aux aurores, il est réapparu alors qu’il allait remplir un bidon dans une mare proche pour arroser le jardin. Sans que je ne lui demande rien il a porté mes sacoches pour que je les accroche sur ma bécane. Nous nous sommes dit au revoir au bout du chemin qui débouchait sur le bitume.

The Vince' Family

Moi la sauter-elle....

Mothers ans sons, Niger

Jolie Peul