septembre 2009


L’Allemagne m’a toujours foutu le bourdon. Pourtant, à l’automne, elle prend tout son sens à mes yeux. Par je ne sais quel enchantement. Je pourrais dire que l’automne est une saison triste et donc que moins par moins donne plus. Mais je n’y crois pas. Le jaune-orangé sied simplement parfaitement à ce pays. C’est d’ailleurs dans son drapeau, c’est dans la robe de la bière que je suis en train de prendre à Breisach avant de retrouver ma voiture pour rentrer à la maison, c’est la couleur des cheveux de ses Miss vin nouveau, c’est même celle des tables et des bancs de ce Kneipe où je suis attablé. C’est aussi et surtout dans ses vergers, dans ses vignes (bientôt, en tout cas), dans ses champs de maïs et dans ses coloquintes et autres cucurbitacées. L’Allemagne aime la nature, elle l’a toujours défendue, elle la dorlote et aime la mettre en valeur. Et la nature le lui rend donc. Naturellement.
Ainsi ce n’est pas la première fois qu’à cette période de l’année me prend une envie irrépressible de passer outre-Rhin pour aller m’immerger dans cette chaude atmosphère. Avec mon moyen de locomotion préféré évidemment. Sauf que mon matériel étant à Ouagadougou, j’ai dû faire avec les moyens du bord : et 20 ans presque jour pour jour après le Tour des Vosges, précurseur du Tour du Monde, mon vieux Talbot (999 francs au Cora, avec l’argent de la communion) et les sacoches d’occasion récupérées dans un magasin de vélo du coin étaient toujours opérationnels. Et même si je ne suis parti que deux jours entre deux diaporamas, la magie opère toujours :
(cliquer sur les petites photos pour les agrandir)

7h25; après le bivouac; lever de soleil; 1100 mètres.

7h42; salutations mutuelles.

7h47; la balade du chat.

7h57; dernières nappes de brume.

8h09; exposition de toiles.

10h32; jardin nature.

L'arbre. Don Quichotte des temps modernes.

Kürbis La bête.

Car entre la semi-obscurité et le jour complet, c’est une vie qui se joue. J’ai vu les potimarons, orange comme l’automne, tapis sous leurs feuilles humides de rosée, et les choux qui montaient vers le ciel. Le froid est mordant ce matin, on frôle la gelée ; 4 degrés m’annonce François à la boulangerie. Je me suis emmitouflé dans ma polaire toute douce -merci le triathlon de Gérardmer- et j’ai tiré ma capuche. Depuis mon abri douillet, je salue les vaches au pied de l’Allée des Cerisiers, ce chemin oublié qui grimpe à travers champs. Je les sens un peu inquiètes, mais les vaches le sont toujours. En haut, dans les jardins des maisons, ce sont deux chevreuils que je surpends en plein petit-déjeuner. Redescendu dans le village, j’ai vu le monde qui s’agitait et j’en étais heureux. La vie. Les gens qui travaillent. Le matin tout est frais, les humeurs, les joues, le pain, les nouvelles… enfin, n’exagérons rien, les nouvelles sont les mêmes, mais c’est peut-être parce qu’on ne sait pas toujours regarder avec des yeux tout neufs. Parce que chaque matin, si on a la chance (sic) de vivre le jour qui se lève, c’est une nouvelle vie qui commence.