juin 2009


La vie de croco...

La vie de croco...


...c'est pas toujours le pied !

...c'est pas toujours le pied !

Merci au monsieur dans les chaussures de s’être volontier prêté au jeu, ah ah ah !
😉

Mon pays est vert, vert comme tu ne peux pas l’imaginer. Et touffu ! Les arbres forment de grosses boules et partout l’herbe est épaisse et grasse. Le matin, elle est fraîche et humide ; tu peux marcher dedans et te faire tremper jusqu’aux genoux, sans même avoir à penser aux serpents. L’eau aussi est toujours fraîche. Elle coule à flot au robinet, c’est facile quand tu as soif !
Le jour se lève aussi à 5h30, mais il ne se passe rien ou presque pendant au moins une heure, parce qu’on n’a pas besoin de profiter de la fraîcheur matinale. Ici on peut faire des footings à 11h du matin ou même à 4h de l’après-midi. (Non, je n’ai toujours pas de montre, mais les cloches de l’église me donnent l’heure.) Par contre, le soir est immense ! Le soleil traîne ses rayons jusqu’à 22h. Alors moi aussi je traîne dehors pour profiter jusqu’au bout de la lumière douce, parce que c’est tellement bon. Mais les rues du villages sont désertes. C’est très étrange malgré le jour, c’est peut-être la télé… En fait, on dirait que les journées sont trop longues.
A table je ne sais plus quoi manger tellement il y a de choses délicieuses sous mon nez.(Ca c’est aussi un peu grâce à ma Maman…) Si bien que ne sais même plus reconnaitre quand je dois m’arrêter parce que je n’ai plus faim.
Mon pays est beau et la vie y est douce. Tu l’aimerais, peut-être.

Mon nid

Et bing, bang, boum, les mondes s’entrechoquent. De la brousse malienne à la beauté infernale je suis passé sans transition à la vie urbaine de Ouagadougou (cf « Puis je suis arrivé »). Une dizaine de jours chez des amis (car les amis de mes amis sont mes amis, évidemment), et saucisson, confiture et chocolat à gogo ; le choc pour l’estomac. Mais la chaleur était toujours là.
Puis, quelques heures d’une nuit blanche plus tard, consumée entre bars burkinabés et sommeil haché menu dans un avion, me voici marchant, un sac de voyage sur l’épaule, dans les rues familières de Rabat. Choc thermique, moins 20 degrés peut-être. J’en rêvais, je me demande déjà si je ne regretterai pas l’étuve.
Mais c’est dans la tête qu’il ne faut pas perdre pied : comment quelques heures d’avion peuvent-elles effacer six mois d’aventure, de découverte et d’efforts, une demi-année d’émerveillement au quotidien ? Retour à la case départ. Comme si le sud marocain et ce Sahara occidental n’avaient jamais existé ; comme si le désert mauritanien, la brousse sénégalaise, les oiseaux et les couleurs de l’Afrique, c’était du pipeau. Et ces moments d’éternité devant une case ou autour d’un plat de mil ou de riz sauce arachide, perdus ? Et mes chéries, au Sénégal ou en Guinée, un rêve évanoui à tout jamais ? Et ce n’est qu’une transition avant la France (15 juin), pour un été en famille, pour des vacances dans les montagnes et les forêts de mon pays frais. Alors « Rester groupiert! », c’est le mot d’ordre que je martèle à mon âme pour qu’elle ne parte pas en miettes aux quatre coins du globe. Rançon d’une vie multiple de vagabond. Ou sort du gémeau ? Peut-être les deux.

Enorme !
Merci aux amis, aux amis des amis, aux amis des amis des... Un avant goût, plutôt agréable, de Madagascar... Chellah ou Haut-Königsbourg ?