février 2009


D’abord il y a des arbres, de plus en plus, puis des oiseaux, enfin des oiseaux ! Et puis l’eau. Toute cette eau ! Pourquoi ici, si facilement, alors qu’elle est si peu ailleurs ? Je longe le fleuve Sénégal. Le monde minéral a brusquement cédé sa place à la nature vivante. Cultures, animaux, couleurs… les couleurs ! Je franchis le fleuve-frontière et c’est l’explosion à Saint-Louis : les fruits et les légumes, les boubous, les minibus barriolés, les pirogues des pêcheurs. Polychromes exhubérants, par palettes entières, par bouquets excessifs. Brusque retour au monde physique ; rude contraste auquel l’esprit réagit violemment. A l’émerveillement succède subitement une immense lassitude. Pesante. Poisseuse. Arrivée comme une déferlante, elle engloutit les énergies. Je ne sais plus pourquoi je suis ici. Décompression de l’esprit après une trop forte sollicitation dans le désert, où à lui seul il avait la charge de faire avancer l’équipage ? Ou réaction naturelle à ce foisonnement vertigineux où l’esprit se perd, se disperse et finit par se dissoudre ? Je cherche du vide pour retrouver quelque chose. Quelque chose à éprouver, quelque chose à partir duquel je pourrai rebondir. Je file, m’enfonce le soir venu dans la brousse. Calme et bivouac. Le temps de me régénérer un peu avant d’affronter le chaos de Dakar. Je ne sais plus si j’aime encore les capitales africaines.

Suite aux multiples messages reçus dernièrement de la part de mes innombrables ador lecteurs, inquiets quant à mon état de santé mentale, je tiens à rappeler que eh, je suis pas là pour être sérieux !

Quand même, y a pas que le c...orps dans la vie !

le zrig (lait de chèvre ou de chamelle caillé et sucré) avec les nomades

Dans l'oasis de Terjit.

joyeux empilement La tikit, hutte traditionnelle.

dans le ventre de la grande chenille d'acier le ricin

De Nouâdhibou à Atar, des villes anciennes de l’Adrar à la toute jeune capitale Nouakchott, j’ai voyagé en Mauritanie, terre de nomades. Et le désert reste ma plus belle source d’inspiration. Une aspiration aussi : j’y reviendrai, c’est sûr.
C’est lui qui m’a soufflé ceci :
Sans repères, j’existe quand même. Et je suis dans la pierre et je suis dans les herbes. Dans le vent et dans le ciel aussi. Je n’ai plus chaud car je suis le soleil, je n’ai plus faim car je suis la terre. Et surtout, je n’ai plus peur ; car je veux tout ce qui m’arrive.

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