février 2007


« Le vrai voyage se fait sans limite de temps ni itinéraire déterminé. » Je ne sais plus qui a dit à peu près cela il y a très longtemps déjà. Et moi je me suis fixé 2 ans pour un tour du monde tout tracé et j’en ressens chaque jour plus la contradiction. Alors pendant quelques temps, à peine quelques semaines, je viens de lâcher prise, de vivre comme mon coeur me l’indiquait, comme si j’étais enfin dans un voyage entièrement ouvert. Je ne pouvais lutter plus longtemps contre cette force qui nous retient quand un endroit nous plaît pour une raison ou une autre. Ainsi, je me laisse encore aller jusqu’à la prochaine course cycliste qui a lieu samedi, ici, à Trujillo, et qui est organisée par Lucho lui même. Je ne pouvais de toute façon difficilement faire autrement, n’est-ce pas ? Ensuite, je reprends les brides, pour poursuivre et terminer ce premier voyage comme il a été initialement prévu. Promis, j’essaye.

Plaza de Armas, Trujillo

Antiques taxis, mais quel charme. le marché, mon QG entre 2 entrainements

Je m’amuse... L’architecture coloniale participe a l’atmosphère agréable de Trujillo.

Hors des villes il y a de la place pour tout le monde...

Il y a, à Trujillo (600 km au nord de Lima), un certain Lucho, cycliste péruvien passionné par son sport et surtout homme au grand coeur, qui accueille chez lui depuis plus de 20 ans tous les cyclotouristes de mon espèce qui passent dans la région. Quand, pour la 3ème fois en 2 jours, on m’a recommandé d’y passer au moins pour signer le livre d’or, j’ai enfin décidé d’y faire un saut. C’était .. il y a une dizaine de jours !
Aujourd’hui je suis toujours là avec sa petite famille et toute une clique de voyageurs à 2 roues venus de la République Tchéque, de France, du Brésil ou d’Allemagne, pour certains là depuis bien plus longtemps que moi. Entre soirées crêpes, jam sessions – car Lucho est aussi un excellent batteur- ou sorties avec les gamins de son école gratuite de cyclisme, il y toujours une bonne raison de ne pas reprendre la route tout de suite.
En ce qui me concerne, le boss n’a pas eu à insister longtemps. Il a vite compris – comme vous aussi, sûrement, à travers l’article précédent – ce qui m’obsédait depuis trop longtemps et il a prononcé le mot magique : compétition. Deux jours plus tard, on s’alignait tous les deux sur une course de vélo dans la région. Elle se terminait pour moi aussi bien que mon délire du 21 janvier. A force de rêver très fort, on parvient à faire des trucs ; mais y a t-il encore besoin de le prouver ? Le lendemain j’étais aussi sur un 16 bornes à pied sur route. Aujourd’hui, j’ai même du me rendre à l’immigration pour prolonger mon droit de séjour dans le pays alors qu’il y a quelques temps je m’arrachais d’une douce étreinte à Lima pour cause d’expiration imminente de visa. Il y a des besoins qui sont plus forts que tout…
A présent, Lucho s’est pris au jeu de me coacher et je suis donc là encore au moins jusqu’à dimanche : nouvelle course de vélo oblige !

Le retour des pecheurs.

Lucho. Dernières consignes aux futurs champions 16 bornes de bitume en plein midi.

Bande de pélicans!

Pas étonnant que Dieu fasse peur à certains! Huaca del sol, Trujillo Punk péruvien

Vélo couché: attention, ne pas s’endormir!

Archi chaud ! De beaux restes coloniaux...