novembre 2006


Bloqué à Mendoza en attendant ma nouvelle carte bancaire, j’étais hier en ville quand soudain mon coeur s’emballe en apercevant un homme portant sur la tête le buff « Marathon des Sables » d’Hugo, dérobé avec les reste de mes affaires il y a maintenant presque 2 semaines. Je garde le type à l’oeil pendant qu’Isabelle – celle de l’article précèdent, et qui sera aussi dans le prochain… suspens !- appelle la police. Mais je suis repéré et le bonhomme s’éloigne. Quand il commence à courir, mes sandales de compète entrent en action et quelques passants m’aident aussi à le tenir tranquille en attendant l’arrivée des flics. J’espérais bien retrouver dans son sac quelques uns de mes effets mais il n’y avait à l’intérieur qu’un autre sac qui de toute évidence ne lui appartenait pas non plus. Quelques minutes plus tard au bureau de police c’est une belle surprise pour les 2 Suédoises qui viennent faire une déposition pour sac volé dans la zone piétonne…
Le type est en cellule pour l’instant, mes affaires toujours dans la nature, et les deux complices, qui ont essayé de faire diversion avant que j’attrape mon voleur, certainement déjà à nouveau en place au milieu des terrasses et des cyber bondes de touristes ou de passants dissipés le temps d’un café qui peut leur coûter fort cher…

Et il n’y en aura pas pour quelques temps encore sûrement, puisqu’en arrivant lundi ici à Mendoza j’ai à peine eu le temps de me poser dans un cyber que je me suis fait tirer appareil photos, passeport, carte bleue, mp3 et j’en passe. Alors, avis aux sponsors si vous avez envie de voir à nouveau de belles photos…
Depuis, je passe mon temps entre commissariat, consulat et coups de fil, et pour boucler le tout, retour, en bus cette fois vous m’excuserez, sur Buenos Aires pour récupérer un passeport au consulat général.
Alors voilà, cette fois j’ai plutôt envie de parler des autres que de moi. Comme de Dominique, qui m’a raconté ses traversées en bateau dans de grosses bastons, mais surtout sa traversée de l’Afrique, seul, et en 404 (!) depuis la République de Centre Afrique jusqu’en France. J’ai bu ses paroles en même temps que notre cerveza alors qu’il me contait les ensablements, les 150 litres d’eau emportés, les X moteurs nécessaires pour arriver au terme du périple, les tempêtes de sable et la piste effacée, les Africains rois du système D qui font repartir la voiture en retirant simplement une pièce…
Ou encore la jeune Isabelle, Allemande mais qui nous raconte dans un français parfait, tout comme son anglais et son espagnol – et elle ne nous a peut être pas tout dit- ses diverses ascensions en solitaire dont un presque 7000 (les connaisseurs apprécieront), la tempête de neige et la tente miraculeusement retrouvée, les glissades sur des pentes vertigineuses récupérées in-extremis au piolet, la mort qu’elle côtoit régulièrement mais dont elle parle avec un calme impressionnant.
Brefs, de beaux et vrais aventuriers, au sens le plus noble du terme. Merci à eux qui m’ont prouvé, une fois de plus, que c’est un bien beau chemin que celui que nous avons choisi.

Et sans perdre de temps encore : j’ai quitté Auckland, NZ, le mardi 31 octobre à 17h et je suis arrivé à Buenos Aires, Argentine, à … 17h le même jour. Avantages du décalage horaire. Et qu’est ce qu’on fait quand on arrive dans un nouveau pays sans avoir ouvert un guide ou une carte ? Je me suis renseigné à l’aéroport : se rendre en ville à vélo ? Impossible ! D’abord il y a 35 km, ça se fait pas en vélo, et puis il faut traverser les banlieues les plus chaudes de la capitale, si ce n’est du pays, et de toute façon il n’y a que l’autoroute pour s’y rendre depuis ici. Bien. 1 heure 30 plus tard, une demi douzaine de panneaux d’interdiction aux cyclistes méchamment ignorés et deux péages franchis fond de train et tête baissée, j’étais au coeur de la ville. Même pas harponné par les petits frères de Diego Maradonna…
Bon, mais le décalage horaire ça met aussi un peu la tête à l’envers (¡) et l’horloge interne n’y comprend plus rien. Pas si grave, puisqu’il semble qu’à Buenos Aires la journée commence après 20h pour se poursuivre très tard le matin. Ainsi avons nous pu avec les copains voyageurs internationaux de l’hostel découvrir un beau spectacle de tango un soir, ou nous abreuver de cerveza jusqu’au petit jour pour terminer à 6h dans une brasserie ou des gens dans un parfait état de fraîcheur prenaient un repas copieux toujours accompagné de la dite boisson. Etaient-ils, comme nous, reste éveillés toute la nuit ou commencent-ils leur journée de travail à 2h du mat ?
Les après-midi étaient dédiées aux visites comme celle du cimetière Recoleta et ses tombeaux immenses à faire pâlir d’envie le Père Lachaise ! Ou encore une visite du quartier Boca, avec son fameux stade de la Boca Junior cher à l’enfant du pays sus-mentionné. Sans parler de l’aventure pour traverser l’avenue du 9 de Julio et ses 125 mètres de large, et peut-être encore un peu plus à 6h du matin ! C’est les Champs Elysées qui sont verts cette fois !
J’ai quand même réussi à reprendre la route, et, pour la première fois, avec le soleil dans les yeux l’après-midi. La Pampa n’est pas sans rappeler l’Outback australien avec ses routes toute droites et ses immenses étendues, à croire que je l’ai fait exprès ! Sauf qu’ici l’herbe grasse a remplacé le bush aride. Profitons-en car bientôt va se dresser la majestueuse Cordillera de los Andes qu’il me faudra gravir avant de basculer sur Santiago de Chile.

 Buenos Aires au printemps

El camino de tierra en la Pampa

Ze king of tango... Ze king of pampa!

504 et palace ils sont la aussi!

Religieux,les Argentins, et ca se voit. les couleurs de Boca