Amérique du Nord


Des tonnes de pensées et d’émotions m’assaillent dorénavant toute la journée : l’arrivée ici au Canada, 44ème et dernier pays de mon périple, les jours qu’il me reste à pédaler et qui se comptent sur les doigts des mains, le retour prochain en France et les retrouvailles avec la famille et les copains et les autres aussi… Alors ne me demandez pas d’être trop clair ou ordonné.
D’abord j’ai été très d’accord avec les Amish d’Indiana sur le fait notamment que tout va trop vite et est trop bruyant ici, puis à propos de la télé-machine à laver les cerveaux à travers laquelle on finirait par croire qu’on n’est pas normal si on n’a pas aux Etats-Unis un problème d’argent et de santé. En plus cette communauté en calèche a aussi adopté le vélo et j’avais vraiment ainsi l’impression d’être un des leurs.
Ensuite j’ai tenté de faire abstraction des immenses tours-hôtels qui surplombent les chutes du Niagara pour les imaginer telles que devaient les admirer avec respect les Native Americans. Ca demande un grand effort : les lieux sont devenus un immense parc d’attraction.
Enfin, à peine arrivé au Canada, quelques forces obscures ressurgies d’un passé pas très enfoui et qui refait aussi surface en ce moment m’ont poussé sur le site d’un triathlon. J’y ai rencontré Laurent, autre Français, et 15 mn avant l’événement nous nous inscrivions sur le relais, sans coureur à pied… Une nageuse récupérée dans la zone de transition après la première discipline fera l’affaire, et très bien même, puisque 2h30 plus tard nous finissions 2ème malgré la précipitation et un vélo pas tout à fait comme les autres… Laurent et sa petit famille m’invitent alors à passer quelques jours chez eux dans la banlieue de Toronto pour un stage de réadaptation à la vie et langue française.
Je suis maintenant en route vers Montréal où je passerai aussi quelques jours avec des amis au son du festival de jazz, avant de m’envoler pour Paris le 7 juillet et de faire encore quelques jours de vélo à travers la belle France pour arriver Place de la Mairie à Fraize le jeudi 12 juillet à 17h !
A très bientôt donc.

Amish au supermarche

“les grandes cascades��? sur la riviere Niagara.

Toronto depuis les iles.

Quand le facteur tombe les sacoches!

Quatorze ans après, me revoici dans l’Indiana chez mes amis ou j’ai passé une année quand j’en avais 18. C’était alors ma première grande expérience de voyage ; celle qui a fait se développer un virus qui me chatouillait depuis déjà bien longtemps et qui était très probablement né quelques années auparavant au cours d’un premier « cyclovoyage » avec les copains. J’étais alors rentré absolument émerveillé de notre « Tour Des Vosges » de 10 jours.
Comme à Wuhan aussi (Chine), il y a un an, je retrouve des amis pour fêter mon anniversaire. Comme pour prouver que je suis bien au bon endroit au bon moment.
Sauf que cette fois se bousculent dans ma tête toutes sortes d’émotions paradoxales à cause du retour qui s’approche. La réadaptation se fait pourtant de manière progressive : après le retour à une civilisation plus proche de la notre avec mon arrivée aux Etats Unis, me voici depuis quelques jours dans une maison à réapprendre les gestes du quotidien du sédentaire. Et bientôt avec les copains à Montréal j’aurai même un peu de temps pour me réhabituer à la langue française.
Pourtant, je sais d’ores et déjà que ce voyage n’a pas assouvi mon besoin de vagabondage. Non, il l’a renforce. Depuis quelques temps mon aventure me manque déjà. Je me languis de l’Afrique et de l’Asie, des cultures ou j’ai tout à découvrir chaque jour, des saveurs nouvelles et des langues inconnues, des filles exotiques avec lesquelles on sait ou l’on va. Alors les idées fusent, les projets abondent. Je les met sur papier pour que rien ne m’échappe. Car je sais que les idées les plus folles, je veux dire les plus grandes, celles qui naissent quand l’esprit est libre, sont celles qu’il me faudra prendre à bras le corps, quand, plaqué au sol par un quotidien qui sape les inspirations, elles me paraîtront irréelles. Oui, je suis déjà reparti.

the Bean, Chicago.

Arrivee chez le copain Bob. Indiana.

Une ferme dans l’Indiana… … ou un gratte-ciel a Chicago?

Une petite tele en passant… les visiteurs du soir.

Sur la route de New Orleans et de Memphis, j’ai fait des tas de rencontres intéressantes qui viennent contredire, et c’est tant mieux, ce que j’ai écrit la dernière fois.
D’abord il y a eu l’Armée du Salut. En plus de la douche, du lit et du repas, j’y ai rencontre des tas de gars avec des histoires étonnantes, et j’y ai été traité aussitôt comme un des leurs. J’en suis reparti les batteries chargées à bloc, les sacoches pleines de provisions et de  » Good luck, man! »
Plus loin il y avait Matt, Americain qui traverse son immense pays à pied depuis septembre 2006. Le temps d’un détour au village le plus proche avec mon vélo supersonique pour chercher quelques Budweiser, et nous campions au bord d’une petite rivière ce soir la. Il m’a rappelé la sagesse que je n’ai toujours pas pour ralentir l’allure, le contact direct avec la terre toute la journée.
Curley et sa femme habitent une caravane depuis que Katrina leur a tout ôté en 2005. Après une invitation à un barbecue +, Curley ne m’a pas laissé repartir sans son baladeur et quelques CD pour que je finisse mon voyage en musique. Pas besoin d’en rajouter.
A la Nouvelle Orleans j’ai été hébergé plusieurs jours par Walker et Herald, son copain canard, et toute sa clique de copains. Un tas de jeunes gens libres, pleins de fantaisie et bohémiens dans l’âme. Caractéristiques fort semblables, ce n’est pas un hasard, à ceux de cette ville qu’ils ont adoptée, et vice-versa.
Et puis hier je suis aussi allé faire un petit coucou à Elvis, the King, sa collection de voitures et ses habits de lumière. Il me semble que quand on vit une vie avec autant d’intensité et une telle générosité il est clair qu’on est vite épuisé. Son énergie survit cependant.
Voilà, et pour ceux que ça intéresse, et pour embêter un peu les autres, je viens de boucler les 10 000 km les plus rapides du tour (Trujillo, Pérou – Memphis, Tennessee), je fête donc aujourd’hui les 50 000. Ca va vite, très vite…

Les marais de la Louisiane

Rien que ca! Je veux le meme! (dans ma tente)

Check that one out, man!!!

50000 km avec Jon et ses copains. The Pink Cadillac. Ce serait sympa pour finir mon voyage…

La vie est une fete a New Orleans.

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