Europe-retour


Je me suis trouvé brusquement noyé au milieu d’une foule joyeuse qui applaudissait ; j’y cherchais en priorité ma sœur et mon frère, ayant anticipé les retrouvailles avec mes parents la veille sur la route. Ces secondes ne se décrivent pas, elles sont, comme celles du jour précédent avec mes parents, d’une intensité que l’on ne vit pas souvent dans une vie. Puis, ont défilé des tas de sourires et de têtes familières qui m’ont embrassé, tendu la main, félicité ou serré dans les bras. J’avais perdu le contact et je ne saurais dire combien de temps cette euphorie s’est prolongée. L’accueil, organisé par la mairie de Fraize, fut au delà de tout ce que j’avais pu imaginer. C’était jeudi 12 à 17h.
Le vendredi matin, après une courte nuit et un sommeil agité, je suis descendu au garage pour y retrouver ma fidèle monture telle que je l’avais posée la veille, encore chargée de nos bagages. Elle semblait me dire avec panique – « Mais on ne repart plus? On ne repart plus? » Je l’ai regardée avec une profonde tristesse; je lui ai dit – « Tu vas pas mourir, hein? » et j’ai pleuré.
Depuis, j’essaye de comprendre ce qui m’arrive, la décompression produit ses effets et je passe pour l’instant le plus clair de mon temps à ne rien faire, incapable de m’organiser et de trouver l’énergie nécessaire pour être productif.
Bien sûr, la quantité de leçons apprises au cours de cette aventure est astronomique, j’en ai semé quelques unes sur ce blog et les autres sont toutes griffonnées quelque part dans mes carnets de voyage qu’il va me falloir reprendre pour compiler tout ça dans un livre. Cela va être mon principal projet pour les temps à venir, avec l’organisation de projections d’images, une fois le tri réalisé parmi les quelques 8000 photos numériques prises tout au long de ma route. J’essayerai de tenir les personnes intéressées par ces réalisations sur ce blog, que je conserve aussi pour continuer à y écrire ce que m’inspire cette grande aventure qu’est la vie, sous réserve que la sédentarisation ne me sape pas trop l’inspiration. Ainsi la vie continue, et rouletabosse aussi.
Merci à vous tous qui avez été là pour rendre ce retour si beau, et à tous ceux qui m’ont montré le chemin de la vie tout au long de mon parcours. Le monde est un.

I have made it home; I want to thank everybody I’ve met on the road for their kindness, their great sense of hospitality, the inspiration they have been to me, the lessons I have learned from you all.
We’re all one, I will never forget you.
This blog goes on, you can keep on checking it for some more news! Love.

Montréal, le jazzfest et les copains

Nico à Paris Charles-de-Gaulle

paysage de France

Un nom qui me dit quelque chose…

100% bonheur. Merci à tous!

autre retrouvaille très attendue, ha ha!

Et oui, m’y voici! Même si je ne sais plus trop comment c’est arrivé. Mon vélo, habitué, s’est rendu facilement à l’aéroport de Montréal, malgré l’inhospitalité caractérisée de ce type de lieux envers les deux roues de son espèce. J’y ai attendu fébrilement le copain Serge de retour de Guinée pour des congés dans son pays natal. Il y eu quelques bières trop rapides et beaucoup d’histoires de ce pays d’Afrique de l’ouest où nous avions nos souvenirs en commun; puis une porte d’embarquement où visiblement on attendait quelqu’un, et enfin des rangées de gens assis dont les regards se sont braqués sur moi. L’hôtesse pouvait fermer la porte de l’appareil.
6 heures et demi plus tard, sans livre ni télévision ni même une minute de sommeil, j’apercevais une grande dame métallique à la silhouette familière dans le monde entier, puis bientôt le nez pointu d’un Concorde figé sur le tarmac duquel il ne s’arrachera plus jamais. Le copain Nico était là, autre alien en tenue de cycliste au milieu d’un hall d’arrivée. Quelques minutes de joie et de confusion plus tard nous pédalions à travers de petits villages vieille France et une belle campagne, direction Précy-sur-Oise pour un premier Picon-bière. J’attendais de me réveiller dans ma tente, quelque part au bord d’un champ canadien.
Mais ce n’est pas arrivé.
Après une semaine à Montréal chez Val, la copine photographe rencontrée à Buenos Aires, sur fond de jazz et de vin rouge, et la visite chez d’autres amis québécois resurgis eux aussi de ma vie guinéenne, il m’était forcé de croire que toutes ces retrouvailles étaient bien réelles.
J’ai alors demandé à regarder la première étape du Tour de France, puis je me suis enfin endormi.